Alimentation saine et durable à l’école (ASDE):Des guides pratiques pour les parents et éducateurs

Dans le cadre la mise en œuvre du projet « Alimentation saine et durable à l’école », les enseignants, les directeurs et les conseillers d’éducation du Kadiogo ont été formés, les 02 et 03 décembre 2020, à Loumbila, à l’utilisation des guides pédagogiques et fiches pratiques pour l’exécution des champs et jardins écoles. Cette formation a été initiée par la Fondation Antenna et est exécutée par LePreau.LIVE.

Concrètement, le Guide de l’enseignant contient plusieurs composantes pour la réalisation pratique du projet « Alimentation saine et durable à l’école ». Il s’agit notamment de : la définition des concepts (alimentation saine, hygiène alimentaire et santé, agroécologie, préservation de l’environnement, bonnes habitudes en matière de préservation de l’environnement) ; l’approche méthodologique (préparation et administration d’une leçon ASDE, leçons à donner dans le jardin, participation des élèves et de la communauté, comité de promotion de l’ASDE) ; l’évaluation des apprentissages. Ce guide contient aussi, en annexe, de fiches pédagogiques assorties de résumés illustrés et des exercices d’application sur : l’importance de la nutrition, la malnutrition et ses causes, les éléments à prendre en compte dans une alimentation saine et équilibrée, les pratiques pour améliorer la productivité, les conditions de stockage et de préservation des produits du jardin, les techniques de production du compost, etc.

Les officiels à l’ouverture de l’atelier de formation

Pour Gbangou Yombo, Chef du projet, la vulgarisation du guide est une phase importante de la mise œuvre du projet. « Dans cette formation, c’est le contenu pédagogique qui est mis en exergue. Il s’est agi d’amener les participants à s’approprier le contenu du guide, à apprendre à dispenser des cours sur la mise en place des jardins et champs-écoles, l’agroécologie, l’alimentation saine et durable à l’école, etc. », a-t-il affirmé. Dans la même veine, Adama Kader Konitwango, représentant du Directeur provincial de l’éducation préscolaire, primaire et non-formelle du Kadiogo, salue la pertinence de la vision du projet. « Nous saluons ce projet qui vise à améliorer la qualité de vie, de travail des enfants et des enseignants. C’est la qualité de vie dans nos écoles qui sera améliorée. L’Etat devait intervenir dans ce domaine. Mais ce projet nous accompagne et nous apprécions cette démarche », a-t-il indiqué.

L’agroécologie : une composante essentielle du projet

Selon Sibri Arsène Kinda, Chef de la zone d’appui technique (ZAT) de Loumbila, technicien supérieur de pédologie, l’agroécologie est un pan primordial pour une alimentation saine et durable. « Pour alimentation saine et durable, l’agroécologie est la solution pour les écoles. Elle fait la promotion de la biodiversité, de l’agriculture sans pesticides chimiques. Elle va permettre aux écoles de nourrir les élèves avec des produits sains. Il est donc important d’inculquer aux éducateurs et aux enfants les principes et techniques de production agroécologique », a-t-il souligné.

Les participants ont suivi avec attention la formation

Des participants satisfaits

Cette formation a concerné les enseignants, les directeurs d’école et les parents d’élèves. Ces acteurs sont des maillons indispensables à l’exécution effective dans les établissements. Ces parties prenantes apprécient l’initiative. C’est le cas de Hamado Kaboré, conseiller pédagogique itinérant à la Circonscription d’enseignement de base de Loumbila. « Nous avons été formés, il y a quelques mois, à la réalisation pratique des champs et des jardins dans les écoles. Aujourd’hui, nous apprenons la version pratique de l’enseignement des cours sur l’alimentation saine et durable. Naturellement, il y a les contenus théoriques qu’il faut assimiler et dispenser aux enfants. C’est une manière de mettre en relation la théorie et la pratique », a-t-il expliqué.

Gbangou Yombo, Chef du projet

Dans le même sens, Kouka Kéré/Keita, Directrice de l’école Nagbangré C, relève l’importance de cette instruction. « Nous avons besoin d’apprendre, nous-mêmes, pour mieux comprendre afin de mieux former nos élèves. On ne peut qu’apprécier cette idée qui permet d’assimiler pratiquement certaines notions vues en sciences et géographie », s’est-elle réjouie.

Adama Kader Konitwango, représentant du Directeur provincial de l’éducation préscolaire, primaire et non-formelle du Kadiogo

Les champs et jardins mis en place…

Dans la pratique, les champs et les jardins ont été réalisés, malgré certaines difficultés. Hamado Tiendrébéogo, enseignant, responsable du champ-école à l’Ecole Notre Dame de la Délivrance, atteste : « Nous avons tracé les limites du jardin. Il nous reste le grillage à mettre et à semer les produits. Nous espérons, qu’avec la formation, nous pourrons mieux aménager nos espaces et entretenir nos jardins afin de produire des aliments sains, profitables à tous ».

Kouka Kéré/Keita, Directrice de l’école Nagbangré C

Quant à Abdoul Rasmané Kaboré, parent d’élève, il relève qu’à Bazoulé, le jardin est opérationnel. « Nous avons effectivement reçu les grillages et nous les avons installés. Nous avons déjà mis de la papaye et d’autres semences. Les encadreurs du projet sont passés voir. Nous avons également semé des céréales, mais la pluie n’a pas été au rendez-vous. Nous sommes satisfaits malgré tout parce que nous avons récolté des arachides, du sorgho, du sésame. C’est le maïs qui n’a pas produit à cause de la pluie et des semis tardifs », a-t-il manifesté sa satisfaction.

Abdoul Rasmané Kaboré, parent d’élève

Alimentation saine et durable à l’école.

Les différents guides produits au profit des acteurs

Pour mémoire, ce projet, financé par la Fondation Antenna (avec l’appui de la ville de Genève et la Fondation Symphasis), à environ cent trente-trois millions (133 000 000) F CFA, pour une durée de trois (03) ans, vise de manière spécifique à : amener trois-mille deux cent (3 200) élèves et dix-mille (10 000) membres de la communauté à intégrer, dans leurs habitudes alimentaires, les principes d’une alimentation saine et équilibrée, et à cultiver les jardins et les champs scolaires de manière agroécologique ; assurer la distribution de repas complets issus des jardins et champs scolaires pendant la période de soudure (avril à juillet) et enrichir les repas fournis par le ministère de l’Education (février à avril) avec des légumes provenant des jardins scolaires ; améliorer l’autonomie financière des associations de parents d’élèves (APE) des écoles à travers la vente des produits excédentaires des jardins et des champs scolaires. Le projet est mis en œuvre dans quinze (15) écoles du Kadiogo et de l’Oubritenga, par Antenna Baobab et LePreau.

Jean-Yves Nébié

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