Coronavirus au Burkina Faso « Les mesures prises me semblent insuffisantes et dépassées… » (Dr Issaka Sondé)

Le coronavirus terrifie le monde. Cette maladie très contagieuse a déjà fait plus de treize mille (13 000) décès dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le Burkina Faso enregistre, à la date du 21 mars 2020, soixante-quinze (75) cas confirmés, dont quatre (04) décès. Des mesures de protection sont alors édictées pour endiguer la propagation de la maladie. Le 20 mars 2020, nous avons eu un entretien avec Dr Issaka Sondé, pharmacien, consultant pour l’OMS dans la gestion des stocks des produits de santé de riposte contre l’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo (RDC), etc. Cet éminent spécialiste en gestion des épidémies nous parle de la gestion de l’épidémie d’Ebola en RDC, de son expérience en gestion de crise, de la gestion actuelle de l’épidémie de coronavirus au Burkina Faso, de ses propositions pour lutter contre la maladie, etc. Soucieux du bien-être de ses compatriotes et de son pays, il est d’ailleurs prêt à revenir au Burkina Faso pour apporter son soutien et son expertise.

Infos Sciences Culture : Depuis juin 2019, vous êtes Consultant pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans la gestion des stocks des produits de santé de riposte contre l’épidémie d’Ebola en RDC. Pouvez-vous vous présenter et nous dire comment vous êtes-vous retrouvé dans ce pays à lutter contre cette maladie ?

Dr Issaka Sondé : Avant tout propos, permettez-moi de féliciter et remercier chaleureusement Infos Sciences culture pour son engagement citoyen et sa contribution pour le rayonnement planétaire de notre culture. Je suis ravi de constater que cet engagement va même au-delà de son champ d’action qu’est la culture à chaque fois que besoin est comme c’est le cas actuellement face à la pandémie de coronavirus à laquelle fait face notre pays.

Je suis Dr Issaka Sondé, pharmacien de profession. Après mon Doctorat d’Etat en Pharmacie, j’ai un master en Immuno-hématologie et médecine transfusionnelle, un master en santé publique orientation santé et développement, un DESS en gestion de la chaine d’approvisionnement des produits de santé, en plus d’autres spécialisations en diplomatie humanitaire, en diplomatie et santé, en prise en charge du VIH, en prise en charge de la drépanocytose, en gestion de l’épidémie d’Ebola, etc.

Revenant à votre question, en 2015, par curiosité et au regard de son actualité, je m’étais inscrit à un cours intitulé « Ebola : vaincre ensemble » organisé par l’Institut des hautes études internationales et de développement de Genève (IHEID) qui décrivait les aspects pratiques de lutte contre l’épidémie à virus Ebola. J’étais loin de m’imaginer qu’un jour, je serais réellement sur le terrain pratique face à cette redoutable épidémie. C’est courant Avril 2019 que j’ai eu l’honneur d’être contacté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au regard de mes petites connaissances sur la lutte contre Ebola et en santé publique, pour un appui spécifique à titre de consultant pour la gestion des stocks des produits de santé nécessaires à la riposte à l’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo (RDC). Depuis Aout 2018, ce pays faisait face à sa dixième épidémie d’Ebola d’une ampleur inégalée. Cette requête est bien tombée car j’étais tout à fait disponible en cette période. J’ai donc donné mon accord et dès Juin 2019, j’étais sur le front, au théâtre des opérations de lutte contre Ebola en RDC notamment dans les régions du Nord Kivu, du Sud Kivu et de l’Ituri. J’ai donc apporté pleinement ma contribution à travers mon expertise dans la section Opérations, supports et logistique (OSL) qui assurait tous les aspects logistiques (location des véhicules, déplacement des équipes, transfert des produits et du matériel…), de même que l’expression des besoins, l’approvisionnement, la gestion des stocks et la distribution des produits de santé et tout matériel et équipement nécessaires à la riposte à l’épidémie.

Infos Sciences Culture : Comment avez-vous réussi à vaincre l’épidémie d’Ebola en RDC ? Quelles stratégies ont été mises en oeuvre ? Quels sont les secrets de cette lutte ?

Dr Issaka Sondé : À vrai dire, face à l’épidémie d’Ebola en RDC, ce fut un combat de longue haleine. A chaque fois qu’on croyait venir à bout de l’épidémie, tel Sisyphe, on repartait presqu’à zéro parce que, pour une raison ou une autre, un évènement (attaques armées, faible collaboration et hostilité des populations, mobilité des populations…) venait tout chambouler permettant à l’épidémie de reprendre du poil de la bête. Dieu merci, in fine, la victoire a été au rendez-vous et fut la résultante des efforts conjugués d’un ensemble d’acteurs nationaux et internationaux, chacun apportant son expertise spécifique sous la coordination globale de l’OMS pour combattre et circonscrire rapidement cette menace humanitaire mondiale.

Comment avons-nous réussi à vaincre l’épidémie ? Disons qu’avec Ebola les mesures n’ont pas été aussi drastiques comme c’est le cas actuellement avec Coronavirus. Ebola, bien que plus virulent et dangereux, n’était pas un virus inconnu. La RDC faisait face à sa dixième épidémie et l’Afrique de l’Ouest venait juste de sortir d’une épidémie de grande ampleur. Quand l’ennemi est connu, il est plus facile de l’affronter. Avec les expériences passées, on n’avait plus à réinventer la roue, il fallait juste la faire tourner en venant en appui à l’Etat Congolais avec les moyens conséquents au niveau financier, en matériel et médicaments et en ressources humaines nécessaires. Les protocoles, procédures et modes opératoires de la riposte avaient déjà été testés ; la liste standard des médicaments et matériel était disponible et avaient fait preuve de leur efficacité. Il ne restait donc que les aspects organisationnels et de coordination sous la houlette de l’OMS.
Pour la stratégie, des commissions spécifiques ont été créées allant de la prévention (prévention et contrôle de l’infection, communication, sensibilisation, surveillance, vaccination…), le dépistage et la prise en charge des cas, l’enterrement digne et sécurisé des cas décédés, le suivi des vainqueurs qui sont les patients guéris. Toutes ces équipes, pour leur fonctionnement, bénéficiaient de l’appui de la commission OSL qui était au centre des opérations, le tout sous la protection de la commission sécurité.
Le secret de la lutte, c’est le leadership de l’OMS, qui avait la vision et les moyens requis. La lutte s’est basée sur la pyramide sanitaire, la formation des agents sur la détection des cas suspects, la référence de ces cas suspects dans les Centres de transit (CT) où les prélèvements sont faits pour la confirmation, puis la prise en charge des cas réels dans les centres de traitement Ebola (CTE). Dans cette riposte, le Burkina Faso a été fortement et dignement représenté par ses nombreux fils dans toutes les sections de la riposte.

Infos Sciences Culture : Depuis fin 2019, il y a l’apparition d’un nouveau virus ; celui du coronavirus en Chine. De l’épidémie, on est passé à la pandémie du coronavirus. Aujourd’hui, la maladie est au Burkina Faso et fait des gorges chaudes. Elle a contaminé 75 personnes et causé 4 décès. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

Dr Issaka Sondé : Cette nouvelle de l’apparition du Covid-19 a été une surprise générale pour tout le monde. Depuis le premier cas à Wuhan probablement le 17 Novembre 2019, jusqu’à l’annonce de l’épidémie qui s’est transformée en pandémie, chacun a vraiment vu venir. Même la communauté scientifique a été prise de court face cette pandémie. Depuis la détection du premiers cas hors de la Chine, en Thaïlande le 13 janvier 2020 chez une femme provenant de Wuhan, puis les 3 cas en France le 24 janvier 2020 (un couple revenant de la Chine et un troisième qui est leur proche), l’alarme avait été sonnée par l’OMS sur le fait que le virus voyageait et recommandation avait été faite à tous les pays de mettre en place des mesures pour détecter les cas de coronavirus.
Donc nos pays n’ont pas été surpris en tant que tel !

Infos Sciences Culture : Le Burkina Faso est-il prêt à faire face à une plus grande propagation ?

Prêt à faire face à une plus grande propagation ? Sans être pessimiste, je crois que non ! Nous ne disposons ni de moyens conséquents, encore moins d’infrastructure d’envergure adaptée. Nous ne semblons pas du tout prêts. Pour preuve, en un temps record, nos stocks de gels hydroalcooliques ont été épuisés.

D’autres parts, nous ne tirons pas suffisamment des leçons du passé et du présent pour anticiper et disposer pour l’avenir. Pour preuve rien, qu’en 2016-2017, avec l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, nous semblions bien prêts pour la riposte avec un comité fonctionnel pour parer à toute éventualité. Malheureusement, à la fin de l’épidémie d’Ebola, nous avons recommencé à somnoler, avons fini par rangé les armes puis à vaquer à nos occupations. Et voilà que nous semblons surpris par le Coronavirus, que nous avons pourtant vu venir de si loin. Rien ne sert à courir, il faut partir à point disait Jean de La Fontaine. Si la propagation du virus n’est pas maitrisée, nous serons vite débordés. Regardez comment nous gérons même ce qui nous est familier comme le paludisme. Quelle structure de santé a été périodiquement réhabilitée pour tenir compte de la dynamique de croissance de la population ? Très peu ! Conséquence, nous voyons toujours des patients dans les couloirs à même le sol avec leurs poches de perfusion !


Infos Sciences Culture : Les mesures prises aujourd’hui sont-elles à la hauteur de la maladie ?

Dr Issaka Sondé : Nous remercions les autorités pour tous les efforts faits pour juguler ce virus au Burkina Faso. La santé, c’est le premier et le plus précieux bien de tout être humain. C’est pourquoi, sa gestion doit être la priorité des priorités.

Cependant, les mesures prises me semblent insuffisantes et certaines sont dépassées avec le contexte actuel. C’est notamment la prise tardive des mesures restrictives. Les deux cas de Bobo seraient tous des expatriés, les 4 cas du gouvernement le sont pratiquement par inadvertance.

Sur les différentes mesures prises par le Président du Faso hier nuit, l’interdiction de regroupement de plus de 50 personnes est opportune mais concrètement, quand 70 personnes se retrouvent dans un car pour parcourir Ouagadougou à Bagassi, est-ce un regroupement ou non ? La mesure sur le couvre-feu est à saluer. En pareille circonstance, sauf en cas de force majeure on n’a pas à se retrouver dehors tard la nuit. Ce n’est pas simple pour les maquisards mais collectivement c’est salutaire pour la diminution des contacts.

Pour la suppression des vols commerciaux des aéroports de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso et la fermeture des frontières terrestres et ferroviaires, c’est vraiment tard, le diable étant déjà dans la maison, les cas venant de l’extérieur pèseront très peu dans la marmite de la prévalence. Désormais, les cas incidents seront significativement du fait de la chaine interne de transmission. Le transport routier constitue le plus grand flux des mouvements interurbains et interpays des populations. A ma connaissance aucune mesure n’est prise pour juguler ce flux routier. Cela risque de constituer la principale porte de dissémination du virus dans les autres villes du Burkina et jusqu’aux villages profonds.

La communication n’est pas suffisante. On aimerait voir les grosses pointures tant au niveau du gouvernement qu’au niveau des leaders coutumiers et religieux au-devant de la lutte donnant des exemples et communiquant suffisamment sur les mesures préventives. Une cellule spéciale devrait recenser les fausses informations au jour le jour et apporter la vraie information pour éviter que les rumeurs des réseaux sociaux créent des peurs et des préjugés néfastes aux changements de comportements suggérés et recommandés.

Infos Sciences Culture : Quelles sont vos craintes aujourd’hui par rapport à cette maladie ?

Dr Issaka Sondé : Aujourd’hui, ma crainte majeure est que le virus se propage de manière incontrôlée dans nos villes et campagnes. Cela est d’autant plus important pour les zones peu contrôlées par l’Etat et qui nous échappent pratiquement (Nord, Sahel, Est), où les services de santé sont pratiquement fermés ou fonctionnent au ralenti et où personne ne veut s’aventurer à fortiori faire un quelconque dépistage du coronavirus. Là se posera un réel problème d’équité des citoyens pour l’accès aux services de base.

La crainte est également relative au débordement des services de santé au regard de l’existant mais aussi du fait de la fronde sociale. Si nous n’anticipons pas, nos services de santé notamment les unités de soins intensifs pourraient être débordées.

Ma crainte est également liée au contexte national de crise sociopolitique entre le gouvernement et les syndicats, doublée d’une crise sécuritaire et maintenant une crise sanitaire. C’est une conjugaison de multiples facteurs défavorables avec un gouvernement dont des membres doivent se confiner pour un bout de temps !

Infos Sciences Culture : L’expertise dans la lutte contre Ebola peut-elle servir contre cette épidémie au Burkina ? Comment ?

Dr Issaka Sondé : Tout à fait. La gestion est même plus facile avec le Coronavirus par rapport à Ebola et qui peut le plus, peut bien le moins dit-on. C’est pourquoi je déplorais le fait que les cellules et dispositifs qui avaient été créés pour faire face à Ebola en 2014 ne soient pas fonctionnels pour faire face au Coronavirus. ​​​​​​​​​​

Infos Sciences Culture : Vous avez proposé votre aide aux autorités burkinabè pour lutter contre cette maladie. Avez-vous saisi officiellement les autorités du pays ? (Si oui, qui ?)

Dr Issaka Sondé : Officiellement c’est trop dit car je n’ai pas adressé un courrier officiel dans ce sens. Mais officieusement je l’ai fait et bien qu’étant hors du pays je suis disposé à rentrer à tout instant et quand ce sera possible.

Infos Sciences Culture : Qu’est-ce qui vous motive à proposer votre aide au Burkina ?

Pour moi ce n’est pas une aide mais un devoir citoyen et patriotique. C’est même une obligation pour moi, pour ce pays qui m’a tout donné. Nous devrions dans ce contexte taire toute nos divergences, nos querelles et unir nos efforts, nos compétences pour faire face à l’ennemi commun.

Sur ce front contre le Coronavirus, je suis vraiment prêt pour être un volontaire pour la défense de la patrie (VDP).


Infos Sciences Culture : Vous avez proposé quelques solutions pour faire face à la maladie. Pouvez-vous nous les rappeler ?

➢ Pour la prévention :

– Se conformer scrupuleusement aux consignes et mesures de protections et d’hygiène recommandées par les autorités pour couper la transmission du virus. Pour rappel, le savon est efficace car le coronavirus est un virus enveloppé et cette enveloppe qui recouvre son matériel génétique est un point de fragilité par rapport aux virus nus.

Cette enveloppe est fragile et peut facilement être détruite par les solvants des graisses notamment les savons. Donc partout où l’eau est disponible, il faut privilégier notre savon SN Citec et à défaut, le kabakourou ; bref, tout savon disponible fera l’affaire. Réserver les gels hydroalcooliques uniquement aux situations où on n’a pas d’eau (aéroports, transports en commun, services…) ;

– Le long des routes principales, mettre des équipes dotées en thermoflashs pour le contrôle de température de tous les passagers. Les zones des postes de contrôle où les FDS vérifient les identités seraient un atout car tous les passagers y marquent un arrêt et descendent des cars ;

– Le port du masque pour tous les passagers des cars et désinfection des mains au gel hydroalcoolique à la montée dans le car et à la descente à destination. Cela peut être à charge du transporteur pour sa contribution patriotique ;

– Susciter une très forte mobilisation communautaire. C’est surtout maintenant qu’on a besoin de volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Tout le monde est utile et peut être un vecteur de changement positif de comportement. Particulièrement pour les agents de santé, sociaux anthropologues, étudiants des facultés de médecine et de pharmacie, élèves des écoles professionnelles de santé, c’est le moment d’agir. Plus tard, ce sera trop tard ;

– Mettre en place une forte cellule de communication avec une expertise en communication en situation crise pour appuyer Madame la ministre de la santé sur la sensibilisation, la mobilisation communautaire et la communication au jour le jour sur la situation, tout en apportant des réponses claires aux rumeurs des réseaux sociaux ;

– Mettre en place une commission surveillance pour répertorier et rechercher immédiatement les contacts des cas identifiés ;

– Au besoin, mettre Ouaga, Boromo, Dédougou et Bobo en quarantaine car c’est la preuve que le virus étend ses tentacules par la route vers le Brukina profond.

➢ Pour la prise en charge des cas :

– Créer à l’échelon national, des centres de tris des cas suspects sérieux qui seront prélevés pour le dépistage. Cela permettra d’utiliser judicieusement les réactifs et consommables ;

– Mettre en place des comités de riposte sur la base de la pyramide sanitaire nationale. Pour la pérennité, éviter à tout prix de créer des systèmes parallèles ;

– Equiper conséquemment les unités de soins intensifs dans nos CHU et CHR pour parer à toute éventualité. Dans tous les cas, ces équipements serviront même après l’épidémie du coronavirus ;

– Utiliser la logistique de la CAMEG pour l’approvisionnement et la distribution des produits nécessaires à la riposte. Pour cela, il faut établir collégialement et de manière consensuelle une liste standard des produits, matériels et équipements nécessaires à la riposte ;

– Etablir un protocole standard suffisamment sensible et assez discriminant pour le tri des cas suspects et un guide standard de prise en charge des cas dépistés pour faciliter les approvisionnements ;

– Doter suffisamment le personnel de santé en matériel de protection nécessaire. Ce sont aussi des vaillants soldats et doivent aller au front avec les armes requises et les équipements nécessaires ;

– Il serait très judicieux d’associer les pharmaciens dans la riposte. Ils jouent un rôle fondamental dans la sensibilisation des patients et la disponibilité des produits. Les officines pharmaceutiques constituent une des premières portes d’entrée dans notre système de santé.

Infos Sciences Culture : Quelles sont les difficultés que nous pouvons rencontrer dans cette riposte ?

Dr Issaka Sondé : Elles sont multiples et multiformes :

– La vitesse de propagation du virus : il est nouveau pour l’être humain, donc personne n’est encore immunisé contre ce virus. Du coup, toute la population est exposée. Par conséquent, on ne peut pas compter sur une quelconque barrière de freinage physiologique d’ordre immunologique. Le virus se propagera donc à grande vitesse sans prise de conscience collective ;

– Le risque de déferlement des populations dans les services de santé au moindre signe avec risque de débordement pour le personnel de santé d’où l’intérêt et la nécessité du confinement. Sans intervention majeure, en pareille situation, le virus disparaitra de lui-même que lorsqu’au moins 80% de la population aura fait l’infection et se sera immunisée ;

– Les risques d’automédications aux antibiotiques qui sont inefficaces contre les virus ;

– Le risque de flambée des prix des denrées de première nécessité. Il faut hausser le ton et considérer comme traitre et terroriste tout contrevenant véreux et cupide, puis sévir ;

– Les difficultés d’application des mesures drastiques dans notre contexte de pauvreté absolue. Jusque là, la mesure la plus efficace contre le coronavirus, c’est le confinement total ; Hélas, cette mesure n’est pas adaptée dans notre contexte de pauvreté absolue et de misère où les gens vivent au jour le jour à la quête permanente de la pitance quotidienne. Pour beaucoup, le choix est clair et mieux vaut souffrir de Coronavirus que de mourir de faim ;

– Se laver les mains n’est pas une vraie priorité pour quelqu’un qui n’en a pas à boire ;

– L’insécurité : une bonne partie du Nord, du sahel et de l’Est ne sont pas suffisament sécurisées pour organiser une riposte efficace. Ces zones seront pratiquement exclues de la riposte et pratiquement abandonnées à leur triste sort comme c’est déjà le cas pour les services de base ;

– Les risques de pénuries en denrées stratégiques de première nécessitée si la situation perdure. Il faut que le gouvernement anticipe sur les mesures spéciales d’approvisionnement ;

– Nous sommes en retard de près d’un mois par rapport aux pays qui se cherchent actuellement (Asie, Europe, Amérique) car Coronavirus aime trop les avions et les TGV. La preuve est que chez nous, il est entré par les gens d’en haut, les citoyens Alpha. Soyons sur qu’il descendra progressivement et s’étendra vers les citoyens Lambda.

Vivement donc la mobilisation de tous, une prise de conscience collective pour éviter le pire. En pareil circonstance de risque de péril national, chacun doit revoir sa copie.

Vivement que le Chef de l’Etat use de toutes ses prérogatives pour désamorcer la tension sociale. Un repli tactique et stratégique n’est jamais une défaite mais de la sagesse.

Par Jean-Yves Nébié,

Contact :
Dr Issaka Sondé : issaksonde@hotmail.com

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