Faiblesse ou panne sexuelle : Un mal qui ne se dit pas tout haut !

Communément appelée « faiblesse ou panne sexuelle », l’incapacité à jouer pleinement son rôle dans la relation sexuelle due à une impossibilité d’érection suffisante du pénis, constitue aujourd’hui un véritable problème de société. Elle est très souvent vécue de façon secrète par les personnes qui en souffrent. L’ampleur du phénomène se traduit sur la place du marché par la vente de produit traditionnels aphrodisiaques parfois douteux nous avons voulu en savoir davantage sur la question.

« Allo cher ami ! Tu peux m’aider avec le numéro téléphonique de ton ami ladji-là ? S’il te plaît, aide-moi parce que j’ai une copine qui me harcèle. Disons que son couple risque de voler en éclats à cause des difficultés de son mari d’assurer au lit… » ! Ces propos sont tirés d’une histoire vraie sur l’incapacité d’un homme à satisfaire son épouse. Faiblesse ou panne sexuelle ? Ils sont nombreux les personnes confrontées à ce mal. Du coup, cela fructifie les affaires de nombreux marchands ambulants, se transformant en médecin de circonstance, qui prennent d’assaut les maquis, les restaurants, les différentes places publiques pour proposer « les remèdes nécessaires » à la situation délicate qui se pose. Jusque-là, parler de ce mal constitue un tabou, une honte, pourquoi pas un déshonneur, car ceux qui en souffrent se recroquevillent pratiquement, allant même jusqu’à proférer des menaces à leurs partenaires de ne jamais divulguer le secret conjugal.

Comment est vécue la « faiblesse sexuelle » dans nos foyers?

A cette question, A. Koné né Ouattara raconte son expérience : « Cela fait environ deux mois que l’atmosphère est tendue à la maison. Quand arrive la nuit, je reste plongée dans l’angoisse quand je vois mon mari qui abandonne le lit conjugal pour le canapé au salon. Et cela, juste parce qu’il n’arrive plus à « assurer au lit ». A plusieurs reprises, j’ai essayé de le convaincre d’aller à l’hôpital mais en vain. J’ai même parlé à mon gynécologue qui l’a interpellé à plusieurs reprises, mais sans espoir. Présentement, je suis confuse et je ne sais plus vers qui me tourner si ce n’est Dieu afin d’obtenir un miracle ».

Si pour dame Koné, l’espoir est encore permis, en se tournant vers Dieu, cela n’est pas le cas pour J. Yaméogo née Bado. « J’ai fini par demander une affectation afin de m’éloigner de mon mari qui refuse de voir un médecin pour soigner sa panne sexuelle et qui pourtant est toujours en train de tester des produits aphrodisiaques qu’il trouve sur la place du marché. Depuis qu’il a commencé la prise de ces produits, il se plaint toujours de petits malaises tels que des palpitations, des douleurs aux muscles. Cette situation devenait insupportable pour moi. Alors, je me suis dit qu’il vaut mieux m’éloigner un peu vu que c’est pour me faire plaisir qu’il les prend, a-t-elle affirmé.

Sali Maïga née Yanogo, commerçante au secteur 29 de Ouagadougou, témoigne que son mari avait une « panne sexuelle » qui a duré environ un mois. Mais grâce à une de ses sœurs infirmières, elle est arrivée à convaincre son époux d’aller se faire consulter. Elle a souligné que celui-ci affichait toujours une gêne quand ils en parlaient, mais après plusieurs hésitations, il s’est rendu à l’hôpital et a été soigné. « Maintenant au lit mon mari à la force d’un taureau », s’est-elle réjouie d’un ton triomphal.

Quant aux commerçants et commerçantes des produits aphrodisiaques, au-delà de se faire de l’argent, ils croient empêcher des foyers de se briser, à réduire l’adultère, car disent-ils, le ou la partenaire insatisfait(e) peut, à un moment donné, être tenté d’aller voir ailleurs.
O. Konaté, commerçant de produits aphrodisiaques au grand marché de Ouagadougou nous a permis de faire le tour de ces produits. Notre attention a été particulièrement retenue sur un produit qu’il a nommé « Missiles à coup sûr ». Ce produit, vendu à 2000 FCFA le sachet, aurait la capacité, de remédier à n’importe quelle «panne sexuelle, » a-t-il expliqué. La plupart de ses clients sont en grande majorité  des jeunes dont l’âge est compris entre 30 à 50 ans. Konaté vit de la vente de ces produits depuis plus de 10 ans. Il est heureux car ces produits lui rapportent beaucoup vu leur efficacité.
Il s’approvisionne généralement au Mali et au Niger.

« Secret » est le nom que donnent les vendeuses de produits à leurs marchandises. Ils se présentent sous diverses formes : de tige, de poudre, de sirop et même de comprimés et viennent le plus souvent du Mali. M. Yago, un client fidèle a affirmé que ces « machins » lui font beaucoup de bien, car ils l’aident à retrouver l’énergie et à rester efficace « au lit », quand il semble fatigué.
Autre produit énormément consommé, c’est la boisson « Cola 4 AIR » commercialisée dans des boutiques et de plus en plus dans des supermarchés. Fabriqué en Côte d’Ivoire, ce nectar de 250 ml dont le prix oscille entre 1000 FCFA et 1500 FCFA « améliore la fonction sexuelle, développe l’énergie, la vigueur et la force physique ». Mais les fabricants déconseillent leur liquide au moins de 18 ans (homme). La composition des différents ingrédients, estampillée sur la petite bouteille, semble réellement faire du bien aux amateurs. Au dire de certains, il suffit de prendre ladite boisson une trentaine de minutes avant les rapports sexuels pour se retrouver avec un pénis bien droit et une force phénoménale. Quid de l’impact sur la santé ? Difficile de répondre…Plusieurs autres produits sont proposés sous forme de pommade, de comprimés pour mettre l’homme plus à l’aise au lit en améliorant l’érection, le volume de l’organe génital ou sa taille…Un marché énorme qui mobilise hommes et femmes qui, au fil du temps, excellent dans l’art oratoire ou dans des stratégies communication pour bien vivre bien de ce business.
Que disent les médecins sur cette question?
Dr Anselme Dabilgou, neurologue au Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo dit « non » à l’automédication et surtout à l’achat des produits aphrodisiaques sur la place du marché. Selon lui, la « faiblesse sexuelle » peut être très souvent la conséquence d’une maladie qu’on ignore. Et la prise de ces produits dont les victimes ignorent très souvent la composition peut s’avérer très dangereuse pour la santé. Un des spécialistes de la question qui a requis l’anonymat paraissant étonnée de nous voir en tant femme nous intéresser à la question. « Attendez madame, vous pensez que les hommes vont se confier à vous ? Même nos malades, en présence de leur femme n’acceptent pas aborder la question. Il y a un couple qui est venu me voir pour ce genre de problème.

Lorsqu’il s’apprêtait à partir, l’homme me demande s’il pouvait me voir deux minutes à huis clos ! Hum ! C’est pour vous dire que vous êtes sur un dossier sensible où les gens ne sont pas disposés à communiquer ! », m’a-il-dit. Et le médecin a vu juste, car la pêche fut infructueuse, les uns et les autres ne souhaitant pas s’exprimer là-dessus, même s’ils affirment vivre cette difficulté sexuelle. Un d’eux nous lâchera en ces termes : « Moi, je me démerde comme je peux pour faire face à mon problème. Quand j’ai un peu d’argent, j’achète « le missile à coup sûr », durant les moments durs, je fais recours à la poudre de gingembre ; c’est aussi efficace ».
Marina Bayala

Sexual weakness or failure: A desease that is not spoken out loud!

Commonly known as « sexual weakness or failure », the inability to fully play ones role in sexual relationship due to the impossibility of adequate penile erection is now a real social problem. It is very often lived in secret by people who suffer it. The magnitude of the phenomenon is reflected in the market place through questionable traditional aphrodisiac product sales. We wanted to know more about the problem.

« Hello dear friend! Can you help me with the telephone number of your friend ladji? Please help me because I have a girlfriend who is harassing me. Let’s say the matrimony may shatter due to the husband’s difficulties to effectively play his role in bed … « ! These words are taken from a true story about the inability of a man to satisfy his wife. Is this a sexual weakness or failure? Many people are facing this disease. This situation grows the business of many street vendors who turn into occasional doctor and assault the drinking spots, restaurants, various public places to offer « appropriate remedies » to the delicate situation that arises. Thus far, speaking of that disease is a taboo, a shame, or even a disgrace; because those who suffer it never say a word about it, and even threaten their partners to never disclose the marital secret.

How is « sexual weakness » experienced in our families?
To this question, A. Koné born Ouattara tells her experience: « It’s been about two months since the atmosphere is tense at home. When night comes, I am plunged into anguish when I see my husband who abandons the marital bed to the couch in the living room. This is because he can no longer satisfy me sexually. Several times I tried to convince him to go to the hospital but in vain. I even talked to my gynecologist who called him several times, but with no hope. Currently, I am confused and I do not know who to rely on except God hoping that he will operate miracle.  »

If Mrs Koné expects a miracle from God, it is not the case for J. Yaméogo born Bado. « I finally asked an assignment to get away from my husband who refuses to see a doctor to cure his sexual failure and yet is still testing aphrodisiac products he finds on the marketplace. Since he started taking these products, he is always complaining of some discomfort such as palpitations, muscles pain. This situation became unbearable for me. She declares that she thought it wise to leave him alone for a while as it is his trying to satisfy me that leads him to take them.

Sali Maïga born Yanogo, merchant at sector 29 of Ouagadougou, testified that her husband had a « sexual failure » that lasted about a month. But thanks to one of her sisters who is a nurse, she came to convince her husband to go to see a doctor. She emphasized that her husband always showed discomfort when he spoke about his problem, but after several hesitations, he went to hospital and was treated. She rejoices in a tone of triumph: « Now my husband in bed is strong like a bull ».

As for the merchants and traders of aphrodisiacs, beyond the fact of making money, they believe they prevent matrimonies from breaking and reduce adultery as they think the unsatisfied partner may, at some point, be tempted to look elsewhere.
O. Konaté, aphrodisiacs seller in Ouagadougou grand market has allowed us to learn more about these products. We paid particular attention to a product that he called « Effective Missiles”. He said that this product, sold at 2000 CFA a sachet, would have the capacity to remedy any « sexual failure ». Most of his customers are young people aged 30-50. Konate has been living from the sales of these products for over 10 years. He is happy as they bring him much because of their effectiveness.
He usually gets supplied from Mali and Niger.

« Secret » is the name given by the sellers of products to their goods. They come in various forms: rod, powder, syrup and tablets and more often come from Mali. Mr. Yago, a loyal customer said that these « widgets » do him much good because they help him recover energy and remain effective « in bed » when he seems tired.
Another product which is highly consumed is the « Cola 4 AIR » drink which is sold in shops and increasingly in supermarkets. Manufactured in Ivory Coast, this 250 ml nectar which price oscillates between 1000 and 1500 CFA francs « improves sexual function, develops energy, vigor and physical strength. » But, manufacturers do not recommend their liquid to less than 18 years men. The composition of different ingredients, stamped on the bottle, actually seems to be useful to amateurs. According to some people, you just need to take the beverage thirty minutes before sex to end up with a straight penis and a phenomenal strength. What about the impact on health? The answer is very difficult… Many other products are available as ointment, tablets to make man more comfortable in bed by improving erection, the volume or size of the genital organ… A huge market that mobilizes men and women who, over time, excel in public speaking or communications strategies in order to enjoy the business

What do doctors say on this issue?
Dr Anselm Dabilgou, a neurologist at the University Hospital Yalgado-Ouédraogo says « no » to self-medication and especially to the purchase of aphrodisiacs on the market place. He said the « sexual weakness » can be very often the result of an unknown disease. And taking these products by victims who often are unaware of the composition can be very dangerous for health. One of the experts in the field who requested anonymity seemed surprised to see us as women showing an interest on the matter. He said to me: « Wait, madam, you believe that men will confide in you? Even our patients in the presence of their wives do not accept to address the issue. A couple came to me for this kind of problem. When they were about to leave, the man asked to have a two minutes chat with me behind closed doors! Hum! This is to tell you that you are on a sensitive issue where people are not willing to speak! « . The doctor was right; fishing was unsuccessful as people do not wish to speak about it, even if they claim to live with this sexual problem. One of them said: « I use any means to deal with my problem. When I have some money, I buy the « effective missile, » and during hard times, I use ginger powder; it is also effective.  »

Marina Bayala

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