U-Pharma produira la chloroquine au Burkina

Le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MESRSI) a organisé, le 02 avril 2020, la visite de l’unité de fabrication pharmaceutique U-Pharma (logée à l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé) et du laboratoire d’analyse des échantillons de cas suspects à Ouagadougou. Objectif, présenter aux hommes de média les différentes installations. Il s’est agi également de montrer que les équipements qui sont prévus fonctionnent correctement.

En attendant la signature de l’arrêté ministériel validant la mise en œuvre du protocole de traitement à la chloroquine, l’Unité de production pharmaceutique, U-Pharma, a remis en état son équipement de fabrication de comprimés. Depuis 1994, elle avait arrêté la fabrication des comprimés. Désormais, elle aura la lourde mission de produire, en quantité nécessaire, des comprimés de chloroquine pour le traitement des patients infectés par le coronavirus.

Selon Pr Alkassoum Maïga, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MESRSI), le défi de la production est prêt à être relevé. « Nous avons fait tourner la machine pour montrer qu’elle peut effectivement fonctionner. Les techniciens expliquent qu’elle peut produire deux mille (2 000) par minute. Mais compte tenu de l’ancienneté des installations, ils ont réduit cette production à mille huit cent (1 800) comprimés à la minute. Mais dans le cadre du travail que l’on veut faire, on va être prudent. On va aller à mille cinq cent (1 500) comprimés par minute », explique-t-il.

Toutefois, il y a encore des formalités à régler. Parmi elles, il faut noter l’approvisionnement en intrants et les contrôles qualités. « Si les intrants arrivent, nous pouvons faire sortir des comprimés. Mais cela prendra du temps. Quand la matière première va arriver, il faut faire des contrôles qualités et mettre à jour les procédés. Il y a donc le temps de la mise à niveau de la conformité de la formulation et des procédés techniques. Cela va se faire nécessairement avec l’Université de Ouagadougou et le Laboratoire national de santé publique », indique Dr Salfo Ouédraogo, Pharmacien, Chef de l’Unité de production pharmaceutique U-Pharma.

Que faire en cas de panne de la machine ?

Selon Pr Alkassoum Maïga, la communauté des hommes d’affaire du pays a été mobilisée ; elle a réuni des ressources qui vont permettre de mettre à niveau les installations existantes. « Nous avons également prévu de nouvelles machines. Il ne faut pas qu’on commence la production et une panne crée un manque de comprimés. Grâce aux ressources mobilisées, nous avons commandé les machines et les intrants pour produire la chloroquine pour venir au secours des malades qui sont dans l’attente », affirme-t-il. Dans le même sens, Dr Salfo Ouédraogo renchérit : « Même s’il advenait que la production des comprimés soit interrompue, nous avons l’alternative de produire des gélules. Nous pouvons le faire ici, si les intrants sont disponibles. Les pays qui doivent nous fournir ces intrants sont la Chine et l’Inde ». Il est également prévu le recrutement et la formation de contractuels pour assurer la fabrication des médicaments, foi du Pr Alkassoum Maïga. Des conventions sont en cours dans ce sens.

Les tests de diagnostic à Ouagadougou

En plus du centre de Bobo-Dioulasso, les tests d’analyse et de diagnostic pourront désormais se faire à Ouagadougou. Cette mission est également assignée au Laboratoire national de référence-grippe (également logé à l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé).

Déjà, il y a des appareils étalonnés prêts à l’usage. Deux autres appareils sont en cours d’installation et d’étalonnage. Selon Pr Zékiba Tarnagda, l’ouverture de ce laboratoire à Ouagadougou vise à accroître les capacités d’analyse et de diagnostic des cas suspects. Ce laboratoire va également permettre de réduire le temps d’acheminement des échantillons. « Pour l’instant, cette machine peut effectuer une analyse de quatre vingt quatorze (94) échantillons à la fois. Donc si nous avons les deux autres machines qui fonctionnent, on peut donc multiplier par trois ce chiffre. On attend les intrants et les autres appareils », précise-t-il.

Jean-Yves Nébié

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