Contributions au « consommons local » : L'Université Joseph Ki-Zerbo fait un zoom sur ses filières et laboratoires

Submitted by RedacteurenChef on Mon 30/03/2026 - 15:05
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L'Université Joseph Ki-Zerbo, dans le cadre de la troisième édition des Journées nationales d'engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), a organisé, le 30 mars 2026, une conférence sur la participation à la promotion du consommons local. L'objectif était de mettre en lumière la contribution des filières et des laboratoires.

Selon Pr Adama Sanou, Vice-président chargé de la Recherche et de Coopération internationale (VP-RCI) de l'Université Joseph Ki-Zerbo, le thème « Participation à la promotion du Consommons local : zoom sur les filières et laboratoires », est une interpellation.

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Pr Adama Sanou, Vice-président chargé de la Recherche et de Coopération internationale (VP-RCI) de l'Université Joseph Ki-Zerbo

« Ce thème nous interpelle directement, en tant qu’universitaires. Au-delà de l’acte citoyen, il pose une question essentielle : quelle est la contribution de la recherche et de l’innovation au développement et à la valorisation de nos ressources locales ? Nos laboratoires, nos travaux et nos expertises doivent être des leviers pour transformer nos potentialités en solutions concrètes, adaptées à nos réalités. Ce panel est donc une opportunité pour réfléchir ensemble, de manière scientifique et pragmatique, aux voies et moyens de faire du « consommer local » un véritable moteur du développement endogène. Je nous invite à des échanges féconds, orientés vers des propositions concrètes et applicables », a-t-il affirmé à l'ouverture de la conférence.

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Des participants mobilisés

Pr Ismaël Henri Nestor Bassolé, Professeur Titulaire en Propriétés physico-chimiques et biologiques des huiles fixes et des huiles essentielles, a présenté une communication sur la contribution de l'équipe « Aliments et Biomolécules » du LaBESTA à la valorisation des produits du terroir.

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Pr Ismaël Henri Nestor Bassolé, Professeur Titulaire en Propriétés physico-chimiques et biologiques des huiles fixes et des huiles essentielles

« Nous avons développé, dans le cadre du riz, onze nouvelles variétés. Huit ont été homologués. Pour chacune des onze, l'Association des Chefs et Cuisiniers du Burkina a une proposition de recettes. Nous avons présenté ces recettes. Et ce qui est intéressant, c'est que chacune des variétés s'adapte à un régime alimentaire donné. Par ailleurs, nous sommes à des rendements qui peuvent aller jusqu'à 12 tonnes. Cela est très intéressant pour le producteur. Nous avons aussi deux variétés précoces qui permettent de faire trois productions annuelles. Nous avons également parlé des produits forestiers non ligneux. Nous avons parlé de la chenille de karité, en montrant qu'on peut la valoriser à travers des sous-produits riches en protéines et en corps gras. L'huile de chenille de karité est riche en Oméga 3 et présente un potentiel commercial. Ensuite, nous avons parlé de Lannea microcarpa, encore appelé sibi en Mooré ou pekoun en Dioula. L'amande contient jusqu'à 60% d'huile. Cette huile rivalise avec l'huile d'olive. Après l'extraction de l'huile de l'amande, on obtient un tourteau riche en acides aminés essentiels. Nous avons des travaux sur la pulpe et l'enveloppe de la plante parce que nous nous sommes rendus compte qu'elles sont riches en antioxydants et en anti-inflammatoires. Nous avons des échanges avec des opérateurs qui sont intéressés pour mettre sur le marché des produits innovants », a-t-il indiqué.

Quant à Pr Mahamadou Sawadogo, Professeur Titulaire en Génétique, amélioration des plantes, biotechnologie, biosecurité, il a présenté la contribution du Laboratoire Biosciences (LABIOS), notamment la formation des acteurs pour le développement du secteur agricole, notamment des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des inspecteurs semenciers. Le laboratoire a également renforcé les capacités managériales des acteurs du développement rural (entreprises et producteurs).

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Pr Mahamadou Sawadogo, Professeur Titulaire en Génétique, amélioration des plantes, biotechnologie, biosécurité

Le laboratoire a aussi contribué à des recherches sur des plantes négligées comme le gombo, le bissap et le gingembre. Des documents techniques et des recherches ont été produits sur ces plantes. Puis, le laboratoire a procédé à des améliorations pour leur donner des caractères souhaités par les producteurs, les consommateurs et les commerçants.

Le troisième communicateur est Dr Zidouemba Boukaré, Sociologue de la santé et de l'environnement, chercheur associé au laboratoire Groupe de Recherche sur les Initiatives Locales.

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Dr Zidouemba Boukaré, Sociologue de la santé et de l'environnement, chercheur associé au laboratoire Groupe de Recherche sur les Initiatives Locales

Il a axé sa présentation sur la contribution des sciences sociales à la promotion du consommons local au Burkina Faso. « Consommer nos produits locaux, c'est montrer notre engagement envers notre patrie. C'est l'expression de notre patriotisme. Nous avons recommandé que l'on prenne en compte les représentations sociales, les perceptions des populations, les facteurs économiques dans la promotion du consommons local », a-t-il souligné.

Le quatrième paneliste est Pr Oumar Alfa Dissa, Professeur Titulaire en Énergie Solaire et Thermique, Génie des Procédés. Sa présentation a porté sur la conservation des produits locaux.

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Pr Oumar Alfa Dissa, Professeur Titulaire en Énergie Solaire et Thermique, Génie des Procédés. Sa présentation a porté sur la conservation des produits locaux

« Nos produits locaux contiennent beaucoup d'eau, les mangues, les chenilles, les oignons, les tomates, etc. Pour les conserver en vue d'une utilisation hors de leurs saisons, il faut les sécher. Une fois que l'on récolte les produits, l'eau qu'ils contiennent devient un problème. Le rôle du séchage, c'est de diminuer la quantité d'eau dans les produits pour permettre leur conservation. C'est un procédé énergétique à maîtriser. Il faut maîtriser le séchage pour ne détruire le produit. Il est donc important que dans la valorisation des produits locaux, y compris les céréales, de prévoir des séchoirs-greniers par exemple au lieu de les étaler au sol et de les contaminer avec des aflatoxines. À l'université, nous avons déjà travaillé sur ces séchoirs. La valorisation du consommons local passe par la maîtrise du séchage », a-t-il conclu.

Jean-Yves Nébié