Oumar LINGANI
Institut des Sciences des Sociétés/
Centre national de la Recherche scientifique et technologique
Oussoufobouré Léocadie Nathalie GOUBA
Université NORBERT ZONGO
Introduction
La linguistique est la discipline qui s’intéresse au langage humain, à l’organisation des différentes langues et à la grammaire générale applicable à celles-ci. La langue, en tant qu’élément social du langage, se situe en dehors de l’individu, qui ne peut ni la créer ni la modifier seul. Comme de nombreux pays de la sous-région ouest-africaine, le Burkina Faso est un pays plurilingue, caractérisé par la coexistence de multiples langues. Cette diversité linguistique en fait un terrain fertile pour la recherche en linguistique.
Durant la dernière décennie, les enjeux liés à la langue, en particulier ceux concernant les langues africaines, ont suscité de nombreux débats tant au niveau national qu’international. L’intérêt renouvelé pour les questions linguistiques, surtout après des changements politiques, témoigne de l’importance des langues africaines. Ainsi, de nombreux linguistes se sont penchés, depuis des temps anciens jusqu’à aujourd’hui, sur l’étude des phénomènes constitutifs ou spécifiques de diverses langues. Pourquoi alors s’intéresser à la linguistique fonctionnelle ?
L’analyse de la morphologie du nom en bisa, et plus précisément dans le dialecte lebri, renvoie à l’étude de cette langue tant sur le plan formel que fondamental, et s’inscrit donc dans le champ de la linguistique. C’est la diversité d’utilisation qui a éveillé notre curiosité et nous incite à approfondir cette question.
Ce travail vise à examiner les formes nominales qui contribuent à l’expression de la langue bisa, en particulier le dialecte lebri de la région du centre-est. Selon F. de Saussure (1916), la langue est à la fois un produit social découlant de la faculté du langage et un ensemble de conventions adoptées par la société, permettant l’exercice de cette faculté par les individus. Il est donc essentiel de se situer d’abord sur le terrain de la langue et de l’utiliser comme référence pour toutes les autres manifestations du langage, car comprendre une langue nécessite de l’analyser dans le cadre de son fonctionnement.
Cette recherche représente un enjeu théorique pour la linguistique fonctionnelle, car elle inclut non seulement une classification des noms à étudier, mais aussi leur description linguistique. La question centrale qui en découle est la suivante : quels sont les processus de composition nominale en bisa lebri ? Cette interrogation justifie l’objectif principal de cette étude, qui est de rendre compte du processus de formation des noms en bisa lebri.
1. Cadre théorique de l’étude
L’objectif principal de ce travail est essentiellement descriptif. Il cherche à rendre compte des faits observés sans les intégrer à une théorie préexistante. Cette étude s’inspire des recherches d’André Martinet (1966) et de Maurice Houis (1977), qui ont largement contribué à l’analyse des noms composés et des structures complexes dans les langues. M. Houis (1977) a examiné des structures morphologiques complexes, y compris des composés verbaux et des formes réfléchies. Il a étudié comment les verbes se combinent avec des pronoms personnels dans des constructions réfléchies et comment ces structures traduisent des relations d’action interne. Pour sa part, A. Martinet (1980) a adopté une approche fonctionnelle et structurale pour explorer la formation des composés nominaux, notamment dans le domaine de la morphologie dérivationnelle. Il a analysé les interactions entre les éléments d’un composé, y compris les relations entre verbes, pronoms et noms, ainsi que la façon dont ces éléments constituent des unités fonctionnelles dans la communication.
2. Zone d’étude et population cible
Au sud-ouest du Burkina Faso, s’étendant sur le nord du Ghana et du Togo, se trouve l’une des enclaves orientales de la famille des langues mandé. Cette région se situe à environ 110 km de Tenkodogo, le chef-lieu de la province du Boulgou. Cette province compte treize départements, dont Zabré, qui est situé à l’extrême sud-ouest. Administrativement, Zabré comprend quarante-quatre villages, avec Zabré comme chef-lieu. Il est bordé au nord par le département de Zonsé, au sud par le département de Zoaga et la République du Ghana (où l’on trouve les Kousaasi et Bousancés), à l’ouest par la province du Zoundwéogo et le fleuve Nazinon, anciennement connu sous le nom de Volta rouge, et à l’est par le département de Bitou et le Nakambé, anciennement appelé Volta blanche. Cette commune constitue notre zone d’étude pour ce travail.
Les Bisa, et plus particulièrement les locuteurs du lebri, représentent un petit groupe vivant au sud-ouest de la province du Boulgou, notamment à Zabré, Niaogho et Gon-Boussougou, qui fait désormais partie de la province du Zoundwéogo au nord. Notre population cible est constituée des locuteurs du lebri originaires de la commune de Zabré. Il convient de noter que cette langue comporte des entités dialectales permettant une intercompréhension.
Pour réaliser une analyse approfondie des noms, nous avons sélectionné cent soixante-douze (172) noms recueillis lors de notre enquête. Étant donné que notre travail de recherche nécessite une enquête sur le terrain, nous en avons mené une pour approfondir les données déjà à notre disposition. Nous avons mené ces recherches auprès d’informateurs d’âges et de niveaux sociaux variés, qui ont pu nous fournir des informations précieuses sur certains noms.
3. Présentation et analyse des résultats
« Les mots complexes ne tirent pas leurs propriétés de la simple addition ou juxtaposition de leurs éléments : ils possèdent une structure interne (…) », affirme A-M. Brousseau (1989). Dans cette étude, nous allons présenter et analyser les données recueillies concernant les différents types de composés nominaux, classés selon la catégorie grammaticale de leurs constituants. Selon M. Houis (1977), les composés nominaux constituent des unités complexes qui jouent un rôle fondamental dans l’organisation linguistique. Ils peuvent exprimer des relations de subordination, de coordination ou d’apposition, et sont employés pour remplir des fonctions descriptives, qualificatives ou nominatives dans le discours. L’analyse des composés nominaux offre une meilleure compréhension de la manière dont les langues élaborent des significations complexes à partir de mots simples et comment ces significations s’organisent au sein de la structure syntaxique et sémantique d’une langue. Ainsi, le composé nominal renvoie à une idée unique et désigne une seule réalité.
3.1. Nombre de termes que comporte le composé nominal
Le composé nominal en bisa lebri comporte deux unités lexicales au minimum. On remarque que contrairement à certaines langues et parlers, le lebri comporte des structures nominales composées de deux ou plus de deux termes qui sont soit de la même catégorie syntaxique soit de catégories différentes.
Exemple (1) :
kʋ̀r ká « plume »
//poule-poil//
fɔ́ yíŋ ŋə́r « mendiant »
//chose-avoir-demander//
pɔ́ɔ́ gɔ́ « baobab »
//pain de singe-bois//
nɔ́ máá sɩ́m « intestin grêle »
//ventre-brindille-chair//
Le composé nominal désigne un groupe nominal formé par l'assemblage de deux ou plusieurs mots (Exemple 1), dont l'un est un nom principal (la tête) et les autres sont des modificateurs qui précisent ou qualifient la tête du groupe. Le composé nominal peut être constitué de plusieurs types de relations, notamment des relations de coordination, de subordination, ou de dépendance. Selon M. Houis (1977), un composé nominal peut être formé de manière simple ou complexe, et il peut prendre diverses formes en fonction des éléments qui le constituent.
Exemple (2) :
tʋ́rká ɩ̀ bá « dictée »
//écoutes-tu-fais//
L’approche sémantique dans l’analyse des noms composés se concentre sur la signification globale du composé et sur la façon dont celle-ci découle des significations des éléments qui le constituent. Lors de l’analyse du sens d’un composé, il est essentiel de saisir comment les significations des éléments s’assemblent. Parfois, la signification du composé est littérale, tandis qu’à d’autres moments, elle peut revêtir un caractère métaphorique ou idéologique.
3.2. Éléments du composé nominal
Dans son étude, Houis (1977) examine le composé nominal sous divers aspects, en particulier en ce qui concerne sa structure morphologique et les relations syntaxiques entre les éléments qui le constituent. En règle générale, le composé débute par un nom, bien qu’il existe quelques exceptions, et les éléments lexicaux qui le suivent peuvent être variés. Ils peuvent inclure des noms, des verbes, des adjectifs, des adverbes ou des pronoms personnels.
Exemple (3) :
lɛ́ cɩ́ « lèvre »
//bouche-peau//
nɔ́m bɔ̀ yɔ̀rkɔ̀ « satiété »
//ventre-sortir-beaucoup//
fɔ́ yíŋ ŋəֿr « mendiant »
//chose-avoir-demander//
tʋ́rká ɩ̀ bá « dictée »
//écoutes-tu-fais//
Dans la majorité des cas, le premier élément lexical est un substantif (Exemple 1). Les composés endocentriques ont un sens qui peut être déduit directement de l'un de leurs composants (souvent la tête), tandis que les composés exocentriques n'ont pas de sens immédiat à partir de leurs composants. Par exemple, " kʋ̀r ká " est endocentrique, tandis que " tʋ́rká ɩ̀ ba " peut être considéré comme exocentrique car le sens global dépasse la simple combinaison des mots "tʋ́rk" , " ɩ̀ " et " ba ". Seuls quelques rares composés nominaux commencent par un verbe.
3.3. Types de composés nominaux
Souvent constitués de plusieurs éléments lexicaux de valeurs fonctionnelles différentes, la majorité des composés nominaux résulte de l’adjonction de deux noms. Pour les noms formés de deux termes, la structure est toujours N+N→N, représentant l’association de deux substantifs. En revanche, les composés comportant trois termes ou plus présentent des structures variées. Par exemple, on trouve des composés nominaux formés d’un nom et de deux verbes (N+V+V), d’un nom, d’un verbe et d’un adverbe (N+V+ADV), d’un nom, d’un verbe et d’un autre nom (N+V+N), ainsi que d’un verbe, d’un pronom personnel et d’un autre verbe (V+P.pers.+V), cette dernière structure étant relativement rare. De plus, on observe également des composés nominaux onomatopéiques, basés sur des cris, des actions, des apparences, etc., ainsi que des syntagmes lexicalisés.
3.3.1. Composés nominaux de types N+N →N
Très fréquent dans la langue, ce type de composé intervient dans tous les domaines et est attesté pour tous les composés d’éléments linguistiques.
Exemple (4) avec les parties du corps :
Le lebri utilise majoritairement la combinaison N+N pour désigner les organes :
gám-pɛ́ɛ́m « orteil »
//pied-couteau//
ɲʋ́kʋ́m-tèm « ongle »
//doigt-couvercle//
lɛ́-cɩ́ « lèvre »
//bouche-peau//
mìn-kə̀ « cheveu »
//tête-poil//
gán-lú « plante de pied »
//pied-intérieur//
méé-yáá « narine »
//nez-trou//
Exemple (5) avec les noms de parenté :
Tout comme le précédent, la langue utilise également la formation N+N pour désigner les liens de parenté ainsi que tout autre nom en rapport avec ceux-ci.
dán-lʋ́ « sœur »
//petit frère-femme//
zíí-dá « grand-père »
//père-mère//
Exemple (6) avec les noms d’animaux :
gʋ́ɲ-ɲɛ́ɛ́m « chaton »
//chat-enfant//
pòò-nàá « lion »
//brousse-roi//
mɩ̀n-dá « boa »
//serpent-mère//
pòò-bráá « zèbre »
//brousse-âne//
dér-dá « vache »
//bœuf-mère//
On constate que pour les femelles, on adjoint comme deuxième nom « dá » qui veut dire « mère » et lorsqu’il s’agit des petits, on ajoute « ɲɩ́ɲɲɩ́ » ou « ɲɩ́ » qui signifie « enfant ».
Exemple (7) avec les noms de plantes :
gɔ̀-lɛ́ɛ́ « feuille d’arbre »
//bois-feuille//
kùr-gɔ̀ « karité (l’arbre) »
//karité (fruit)-bois//
jɩ́sɩ́-gɔ́ « kapokier »
//kapok-bois//
máfɛ́ɛ́m-gɔ́ « jujubier »
//jujube-bois//
lébúr-gɔ̀ « citronnier »
//citron-bois//
Pour les arbres, « gɔ̀ » qui signifie « bois » s’adjoint au nom du fruit pour désigner l’arbre dont il est question.
Exemple (8) avec les noms de réalité abstraite ou concrète :
là-jàà « grêle »
//pluie-caillou//
mìn-də̀ « titre »
//parole-mère//
fɔ̀ɔ̀n-fɔ́ « désir »
//foie-chose//
ɲɔ́-hɩ́ « lait maternel »
//sein-eau//
ɲóm-pí « lait de vache »
//sein-eau//
Les composés nominaux de deux unités sont dominants parmi les composés nominaux en général. Nous les représentons dans le graphique suivant :

Graphique 1 : Taux représentatif des composés binominaux
Les composés nominaux désignant les parties du corps, les noms de parenté, les noms d’animaux, les noms de plantes, les noms de réalité abstraite ou concrète ont une composition N+N. Cela nous amène à conclure que les binominaux sont nettement l’occurrence la plus nombreuse.
3.3.2. Noms composés de plus de deux éléments lexicaux
Outre les composés binominaux, il y a des nominaux composés de plus de termes. Ceux-ci sont formés de catégories syntaxiques diverses faisant ainsi leur particularité. Les noms composés de plus de deux éléments lexicaux sont une catégorie importante dans l’étude de la morphologie lexicale. Martinet (1980), dans ses travaux, a largement contribué à la compréhension de la structure des mots complexes, en particulier en ce qui concerne les composés multiples. Ces composés sont souvent créés par la juxtaposition ou la combinaison de plusieurs mots ou morphèmes pour désigner des concepts ou des objets nouveaux.
3.3.2.1. Composés nominaux de type N+V+V
Dans cette structure les constituants de droites sont des verbes. Pas très productifs, le nom s’associe aux verbes pour constituer un nominal. Les composés de type N + V + V sont souvent utilisés pour désigner des actions complexes ou des processus impliquant des tâches multiples ou des étapes dans un processus. Ce type de composition permet de créer des termes qui condensent plusieurs actions en un seul mot.
Exemple (9) :
fɔ́-yíŋ-ŋə́r « mendiant »
//chose-avoir-demander//
bə̀ʋ̀-dà-bāā « grosseur exagérée »
//grosseur-mettre-faire//
Sur le plan morphologique, dans les composés N + V + V, on observe une juxtaposition de plusieurs éléments lexicaux, qui sont combinés pour former un terme unique. Chaque élément conserve sa nature grammaticale (le nom reste un nom, et les verbes restent des verbes), mais ils forment un tout cohérent, en fonction de la relation de sens entre eux.
Sur le plan syntaxique, ces composés sont souvent des groupes nominaux dans lesquels les verbes "yíŋ-ŋə́r" et "dà-bāā" jouent le rôle de modificateurs ou de précisions. Ces verbes ne sont pas utilisés comme des verbes à part entière, mais servent à décrire une caractéristique ou une fonction de l'objet principal désigné par le nom. La structure de ces composés suit souvent une logique où le verbe modifie ou précise le nom, en exposant un processus ou une activité associée à l'objet.
3.3.2.2. Composés nominaux de type N+V+N
Les composés nominaux de type N + V + N sont une caractéristique de la langue qui permet de créer des termes précis et fonctionnels pour désigner des objets, des activités ou des concepts complexes. Ces composés sont souvent utilisés dans des contextes techniques, scientifiques, ou quotidiens pour condenser des informations complexes en un seul mot. Ils illustrent la flexibilité du langage et la manière dont il peut évoluer pour répondre aux besoins de communication dans des domaines spécialisés. En combinant un nom, un verbe et un autre nom, ces composés permettent de décrire des actions ou des processus de manière concise et efficace. Un peu plus productive que la précédente structure, celle-ci est l’agglutination d’un nom suivi d’un verbe et d’un deuxième nom, qui permet de créer un nouveau substantif.
Exemple (10) :
bɩ̀sɩ̀-dɔ̀-páásɩ́ « nord »
//droite-connaitre-côté//
jɩ̀sà-dɔ̀-páásɩ́ « sud »
//gauche-connaitre-côté//
tɔ̀-dàà-nɔ́ʋ́ « rappel »
//nom-mettre-intérieur//
Sur le plan syntaxique, ces composés peuvent être analysés comme des groupes nominaux où les éléments sont reliés par une relation de modification ou de dépendance. Le verbe " dɔ̀ " et "dàà ", en position médiane, relie les deux noms et décrit l'action ou le processus qui lie les deux éléments nominaux. Le verbe joue ici un rôle de modificateur ou de relateur entre les noms.
3.3.2.3. Composés nominaux de type N+V+ADV.
Les composés nominaux de type N + V + ADV sont des structures intéressantes qui permettent d'exprimer des actions ou des processus complexes tout en étant concis. Ce type de composé est surtout utile dans des contextes où il faut combiner un nom, un verbe, et un adverbe pour préciser ou distinguer une action ou un processus. Les nominaux composés à partir de la suite N-V-ADV. sont rares. Ils sont représentés dans les exemples ci-dessous.
Exemple (11) :
nɔ́m-bɔ̀-yɔ̀rkɔ̀ « satiété »
//ventre-sortir-beaucoup//
mɩ̀m-bɔ̀ʋ̀-tóké « variété de sorgho rouge »
//tête-enlevé-totalement//
nɔ̀n-tà-kʋ́má « jalousie »
//intérieur-avoir-ensemble//
Au niveau morphologique, les composés de type N + V + ADV sont formés par juxtaposition des trois éléments lexicaux. Le processus de composition dans ce cas est une juxtaposition de mots qui peuvent être des noms, des verbes et des adverbes. Le verbe "bɔ̀", "bɔ̀ʋ̀" et "tà" joue un rôle central dans la formation du composé, car c'est lui qui relie le nom et l'adverbe "yɔ̀rkɔ̀ ", "tóké" et "kʋ́má". Sur le plan syntaxique, ces composés peuvent être analysés comme des groupes nominaux dans lesquels le verbe joue le rôle de modificateur ou de relateur entre les deux noms. L'adverbe, en revanche, modifie le verbe et précise le type d'action ou de processus exprimé.
Conclusion
La conclusion de l’étude morphologique du nom en bisa lebri, dialecte de Zabré, met en lumière plusieurs points essentiels. Peu de recherches se sont spécifiquement penchées sur les noms de ce dialecte, ce qui souligne l’importance de cette étude pour combler cette lacune. L’objectif de l’étude était d’examiner les formes nominales qui participent à l’expression de la langue bisa, en se concentrant sur le dialecte lebri du centre-est. Cet objectif a été atteint grâce à une approche descriptive et fonctionnelle. Sur le plan méthodologique, l’étude a été structurée en deux grandes sections : les aspects théoriques et les aspects empiriques.
Concernant les résultats, l’analyse des types de composés nominaux a inclus des structures binomiales ainsi que des composés de plus de deux termes. Notre enquête sur la composition nominale a enrichi notre compréhension des types de composés présents dans ce dialecte. Il est donc clair que cette étude a été très utile, car elle a révélé des éléments que nous n’avions pas anticipés.
Cette recherche apporte une contribution importante à la compréhension de la morphologie des noms en bisa lebri, en fournissant des données précises sur les procédés de formation des noms et les structures internes des composés nominaux. Elle ouvre également des perspectives pour des recherches futures, notamment sur les flexions nominales dans le lebri, dialecte de Zabré. En résumé, cette étude a permis d’éclaircir les mécanismes de formation des noms en bisa lebri et de mettre en avant des aspects linguistiques encore peu explorés de cette langue. Cet article de vulgarisation tire sa quintessence de l’article scientifique publié dans la revue Notes scientifiques, N° 22 Juin 2025, ISSN 2409 – 9791, pp.83 – 100.
Références bibliographiques
BROUSSEAU, A.-M. (1989). Les noms composés en haïtien : pour une définition intrinsèque de tête morphologique. Revue québécoise de linguistique, 18(2), 11–39
DE SAUSSURE, F. (2005). Cours de linguistique générale. Genève: Arbre d'or.
DUBOIS, J., & al. (2002). Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage.Vol.1, Paris: Larousse.
HOUIS, M. (1967).Aperçu sur les structures grammaticales des langues négro-africaines. Lyon : Faculté de théologie
HOUIS, M. (1977). Plan de description systématique des langues négro-africaines. In Afrique et Langage, n°7, Paris, 5-65.
MARTINET, A. (1980). Éléments de linguistique générale. Paris V boulevard Saint-Michel: Colin Armand.