Les chercheurs désormais outillés

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Biotechnologies et biosécurité au Burkina Faso
Les chercheurs désormais outillés

Le Forum ouvert sur la biotechnologie agricole (OFAB), section du Burkina, a organisé, le 18 juin 2019, un atelier d’information sur la biotechnologie et ses applications dans le domaine de l’agriculture, de la santé au profit de chercheurs burkinabè. Au cours de cette rencontre, les acteurs de la recherche nationale ont été informés et sensibilisés à la question des biotechnologies en agriculture, en santé, ainsi que sur la biosécurité et le système de biosécurité adopté au Burkina Faso.

Le choix des chercheurs comme public de cette activité n’est pas fortuit, selon les organisateurs. Ils sont, en effet, les principaux acteurs, voire les premiers, concernés par les biotechnologies au Burkina Faso. Il était donc nécessaire de mieux éclairer, pour eux, les processus de prise de décision dans le domaine scientifique, précisément celui de la biotechnologie en agriculture, en santé, ainsi que la biosécurité. Les participants présents, une centaine environ, sont venus des quatre instituts du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), des universités publiques et privées. A cette rencontre, il y a eu la présence effective de Dr Roger Nébié, Délégué général du CNRST ; de Dr Hamidou Traoré, Directeur de l’INERA ; de Dr Urbain Coulidiati, Ministre délégué à la recherche scientifique et à l’innovation. Au cours de cette session d’information, les généticiens ont présenté trois communications principales : « les biotechnologies agricoles au Burkina Faso », « la contribution de la biotechnologie en santé/cas des moustiques génétiquement modifiés » et « la biosécurité au Burkina Faso ».

Les biotechnologies agricoles au Burkina Faso

Cette thématique, présentée par Dr Valentin Edgar Traoré, Coordonnateur d’OFAB-Burkina, fait ressortir que le Burkina est l’un des premiers pays africains à adopter les biotechnologies agricoles et à se doter d’un système national de biosécurité, notamment avec l’adoption du coton Bt. Cette mesure s’est faite dans un contexte de changement climatique, de résistance des ravageurs aux pesticides, de la quête de l’autosuffisance alimentaire. Selon lui, il existe deux grandes catégories de biotechnologies : traditionnelles et modernes. Avec la sédentarisation de l’homme et la naissance de l’agriculture (sélection des variétés de semences, amélioration par le bouturage, marcottage, greffages, etc.). Puis il y a les biotechnologies modernes, y compris les organismes génétiquement modifiés (OGM). Pour Dr Valentin Edgar Traoré, les discussions, à travers le monde, sur les biotechnologies et leurs applications dans l’agriculture et la santé ont souvent été enveloppées de mythes, de mauvaises perceptions et même d’informations contradictoires. Parfois, ces controverses ont apporté un lot de confusions qui entretiennent la peur et la fuite face aux progrès de la science. Mais il rassure : « les biotechnologies sont un des outils pour relever les nouveaux défis que sont la quête de l’autosuffisance alimentaire à travers la promotion du secteur agricole, la promotion de santé des populations et la sauvegarde de l’environnement ». Après cette entrée en matière, il a passé le relais pour la deuxième présentation.

Contribution de la biotechnologie en santé/cas des moustiques génétiquement modifiés

Fait par Dr Moussa Namountougou, cet exposé a été axé sur la présentation du projet Target Malaria, initiateur du projet de modification génétique de moustiques pour vaincre le paludisme. Cette modification, selon ses promoteurs, a pour objectif de produire des moustiques mâles stériles qui ne seront relâchés qu’avec l’accord de l’Agence Nationale de Biosécurité, conformément à la loi n°064- 2012/AN du 20 décembre 2012 portant régime de sécurité en matière de biotechnologie, pour réduire les populations d’anophèles responsables de la transmission de la malaria. Contrairement à leurs pourfendeurs, les chercheurs estiment que le projet est viable et que les dispositions sont prises aussi bien sur le plan scientifique que sur les plans social et environnemental pour assurer le bon déroulement du projet et la biosécurité. Ainsi, ils ont mis en place une stratégie d’engagement des parties prenantes (information en adéquation avec les étapes d’avancement du projet, information la plus simplifiée à la plus complexe, recherche du niveau optimal de compréhension des étapes du projet). Ces parties prenantes sont, entre autres, les autorités gouvernementales, la société civile, les sites d’études, les autorités administratives, les élus locaux, etc. Il y a également dans cette stratégie un mécanisme de gestion des plaintes sur les sites du projet. Sur le plan international, le projet rencontre l’assentiment de l’OMS et de l’Union Africaine qui a encouragé le développement et la régulation de cette technologie dans sa décision 649 de juillet 2017.

La biosécurité au Burkina Faso

Enfin, il y a eu la communication sur la biosécurité, faite par Dr Oumar Traoré, Directeur du Laboratoire National de Biosécurité (ANB). Il ressort de son exposé que les biotechnologies font l’objet d’une règlementation stricte à travers la loi n°064-2012/AN, suite à la ratification du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques (2003) et du Protocole additionnel Nagoya Kuala Lumpur sur la responsabilité et la réparation. L’exposant a aussi présenté les hypothèses de risques (préoccupations) sur les biotechnologies, les missions et l’organigramme de l’Agence nationale de biosécurité (ANB), les règles et les procédures pour le développement des biotechnologies au Burkina Faso.


Jean-Yves Nébié

 

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