13e foire de l’INERA : 11 000 kits de semences pour les déplacés internes

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13e foire de l’INERA

L’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA), a organisé, le 02 juin 2022, le lancement de la 13e édition de la foire aux semences de variétés améliorées de plantes. Le thème de cette édition est : « Quelles stratégies pour une contribution efficiente des semences améliorées à la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le contexte de crise sécuritaire ? ». Le but de cette foire est d’inciter les producteurs à utiliser davantage les semences de variétés améliorées de qualité.

L’innovation majeure de cette 13e édition est la remise de onze mille (11 000) kits de semences maraîchères à des personnes déplacées internes, avec l’appui du Centre mondial des légumes (World Vegetable Center) dont la représentation est basée à Bamako (Mali). Cette remise de don s’est déroulée en présence des responsables du Centre mondial des légumes : Dr Jean-Baptiste de la Salle Tignegré, sélectionneur de légumes ; Natacha Sidziguin Gouba/Ouédraogo, Coordonnatrice du projet Safe Vegetable/Burkina Faso.    
Selon Pr Frédéric Ouattara, Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), la recherche peut aider les personnes déplacées internes à mieux se prendre en charge. « La recherche peut aider à trouver des variétés adaptées au changement climatique, des variétés à cycle court pour permettre aux personnes déplacées internes de mieux se nourrir dans ce contexte d’insécurité. C’est dans ce sens que cette foire est organisée, pour montrer aux gens qu’on peut contribuer à la sécurité alimentaire de ces personnes déplacées internes. L’innovation majeure est cette remise de 11 000 kits de semences de légumes pour permettre aux déplacés de produire et de s’insérer dans la société. En cas de retour chez eux, ils pourront aussi avoir des variétés adaptées de cycle court pour leurs productions », a-t-il souligné.

Aussi, il a affirmé que son département poursuivra les efforts d’accompagnement de la production de semences de variétés améliorées de plantes. Cet accompagnement se manifestera par : le renforcement des capacités en infrastructures ; le recrutement de personnel ; l’acquisition d’équipements scientifiques. C’est ainsi, a-t-il signifié, que l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) pourra répondre efficacement, au plan national et international, à la demande de semence.

Par ailleurs, Dr Hamidou Traoré, Directeur de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA), estime qu’il y a un faible taux d’utilisation des semences de variétés améliorées et cela impacte la productivité agricole au Burkina Faso. « En dépit des nombreux efforts déployés pour générer les technologies et les mettre à l’échelle, force est de constater que la productivité agricole au Burkina Faso reste faible. Le faible taux d’utilisation des technologies, particulièrement les semences de variétés améliorées, explique en partie cette situation. Pourtant, l’amélioration de la productivité passe par l’utilisation à grande échelle de semences améliorées de qualité couplée aux bonnes pratiques agricoles. Je fonde l’espoir que cette foire participe davantage à l’utilisation à grande échelle des semences de variétés améliorées de plantes par les producteurs du Burkina Faso, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire et nutritionnelle », a-t-il affirmé.

Quant à Karim Konseimbo, Directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques (MARAH), il a donnée des chiffres sur la production agricole au Burkina Faso. « L’économie du Burkina Faso est basée sur le secteur agricole qui occupe 86% de la population active et fournit 45% des revenus des ménages agricoles. Les activités agro-sylvo-pastorales contribuent pour 28 à 31% à la formation du produit intérieur brut (PIB). Elles contribuent de manières significative à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, à la croissance des revenus des ménages et la création de richesses au profit de l’économie nationale », a-t-il dit.

En outre, il a reconnu qu’il existe plusieurs contraintes au développement des activités agro-sylvo-pastorales : la dégradation des ressources naturelles ; les dégâts liés aux bio-agresseurs ; les pertes post-récoltes ; les déficits fourragers ; la persistance de certaines pathologies animales ; le faible accès des producteurs aux financements, aux équipements et aux intrants (semences et engrais) ; le changement climatique ; l’insécurité ; etc.

Pour faire face à ces défis, a-t-il expliqué, le gouvernement met en œuvre actuellement des actions de renforcement de la résilience des populations vulnérables : la subvention des prix des céréales dans les boutiques témoins ; l’appui à la production agropastorale par la subvention des intrants (semences, engrais, aliments pour bétail).
Du reste, après le cérémonial et les discours, les autorités ont visité les différents stands d’exposition, où les huit (8) stations et antennes de recherche ont présentés les résultats de leurs travaux : des céréales, des tubercules, des fourrages, des légumes, des volailles, etc. La foire se déroule jusqu’au 05 juin 2022.


Jean-Yves Nébié

 

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