Il faut briser le silence !

Submitted by Webmaster Info on Mon, 05/23/2022 - 15:46
Surtitre
Les troubles sexuels chez l'homme et la femme
Pr Charlemagne Ouédraogo

Les troubles sexuels chez l’homme ou chez la femme bouleversent les personnes touchées, car la sexualité et les troubles sexuels sont, dans nos sociétés, des sujets tabous. Sur sa page Facebook, le Pr Charlemagne Ouédraogo, gynécologue obstétricien, ancien ministre de la Santé, a fait une série de publication, visant à sensibiliser sur les troubles sexuels.

Selon Pr Charlemagne Ouédraogo, c'est un droit pour tout homme ou toute femme de vivre pleinement sa sexualité, d’être satisfait (e) et épanoui (e) ! « Une activité sexuelle normale équilibre l'esprit et le corps. Une sexualité épanouie est l'un des secrets de la longévité d'un couple. Au-delà du fait qu'elle soit le « ciment » du couple, l'activité sexuelle a des bienfaits sur la santé », a écrit le spécialiste.

Malheureusement, lorsque le constat révèle des troubles sexuels chez l’homme, c'est tout un bouleversement, avec, souvent, un refus d'accepter la réalité. « L'homme par essence est symbole de virilité, une virilité qui lui donne respect et considération dans la société, au point que les hommes se sentent obligés d'atteindre une certaine performance pour satisfaire leurs partenaires. Les troubles sexuels chez l'homme restent un tabou dans nos sociétés africaines surtout », explique-t-il.

Chez la femme, les troubles sexuels peuvent avoir un impact sur la santé mentale de la femme, créer une instabilité dans le couple, créer l'infidélité pouvant malheureusement conduire au divorce etc. « Il arrive que certaines femmes n'aient plus d'envie pour les relations sexuelles, ne ressentent plus rien ou encore ont mal lors des rapports sexuels, etc. », ajoute-t-il.

Qu’est-ce qu’un trouble sexuel ?

Les hommes qui souffrent de troubles sexuels ont des difficultés à avoir des relations sexuelles ou à maintenir une relation. « Les troubles sexuels se caractérisent par des problèmes d'excitation, une baisse de la libido, des problèmes d'éjaculation, une déformation du pénis à l'érection, une diminution de l'orgasme ou une absence totale d'orgasme, l'impuissance, la panne sexuelle, le priapisme (état d'érection prolongé au-delà de 4h qui est parfois douloureuse, en dehors de toute stimulation sexuelle dont la conséquence est l’impuissance sexuelle permanente à posteriori si le traitement est tardivement institué), etc. », fait-il savoir.
Par ailleurs, il précise que selon la définition que donnent les spécialistes, les troubles sexuels chez la femme sont une dysfonction liée à l'intérêt sexuel, à l'excitation sexuelle, à l'orgasme ou à une manifestation de douleurs gynécologiques. « Il faut comprendre par dysfonction, une incapacité ou une difficulté persistante ou récurrente à désirer, à ressentir pleinement et agréablement un plaisir lors d'un rapport sexuel », souligne-t-il.

Les manifestations des troubles sexuels

Chez la femme, l'orgasme est le point culminant du plaisir sexuel, la jouissance suprême, indique le gynécologue. « Les troubles sexuels se matérialisent alors par une baisse du désir, des difficultés à atteindre l'orgasme ou une absence totale d'orgasme, des douleurs ou de l'inconfort pendant la pénétration, une incapacité à imaginer des fantasmes, une indifférence totale lors des relations sexuelles, la peur etc. Parmi les principales causes des troubles sexuels, on note la méconnaissance de la sexualité même par les couples, les conflits dans le couple qui peuvent avoir une incidence lors des relations sexuelles, les informations erronées véhiculées par la pornographie, le stress, la dépression, l'anxiété, les sévices sexuels vécus dans le passé, le viol etc. Les troubles sexuels chez la femme peuvent être liés aussi à des problèmes de santé touchant les organes génitaux : une infection urinaire, une IST, l'endométriose, la sécheresse vaginale, certaines maladies chroniques qui ont des répercussions sur l'ardeur sexuelle comme le cancer, ou certains médicaments qui peuvent rendre l'orgasme difficile. Le désir sexuel peut également diminuer chez la femme pendant la grossesse ou avec la ménopause », affirme-t-il.

Relativement fréquents, insiste-t-il, les troubles sexuels chez l'homme altèrent la qualité de l'érection ou l'intensité du désir sexuel. Les troubles de l'éjaculation sont les plus fréquents chez l'homme : l'éjaculation précoce, l'éjaculation dans la vessie (éjaculation rétrograde source d’infertilité), l'incapacité à éjaculer. « Tout comme chez la femme, les troubles sexuels chez l'homme peuvent provenir de l'angoisse, de la dépression, du stress, du désaccord ou de l'ennui avec sa partenaire, la culpabilité ou de maladies pouvant affecter les organes génitaux, certaines maladies générales comme le diabète mal équilibré, des effets secondaires de certains traitements dont certains médicaments contre l’hypertension artérielle, etc. La dysfonction érectile, cette incapacité de maintenir une érection de qualité suffisante pour une activité sexuelle satisfaisante, habituellement appelée impuissance, peut altérer considérablement la qualité de vie de l'homme en question. Les troubles sexuels chez l'homme peuvent causer une instabilité dans le couple, un climat tendu, l'infidélité, le divorce, etc. », mentionne-t-il.

Que faire en cas de troubles sexuels ?

Pour Pr Charlemagne Ouédraogo, les troubles sexuels chez l'homme peuvent être pris en charge efficacement, d'où l'importance de briser le silence, de lever les tabous et de s'ouvrir au professionnel de santé qui saura proposer un traitement adéquat dans une approche multidisciplinaire le plus souvent. La consultation chez le spécialiste est fondamentale, car les troubles sexuels chez l'homme sont un problème qui empêche une vie sexuelle épanouie.
Par ailleurs, il prodigue quelques conseils : la moyenne dans un couple est de 3 rapports sexuels régulièrement espacés par semaine pour ceux qui désirent une procréation. Cependant, l’abstinence volontaire n’engendre pas de maladie génitale ; le rapport sexuel se mesure par sa qualité et non le nombre de coït dans un rapport ; la recherche de la performance sexuelle masculine finit toujours par la déception et conduit le plus souvent l’homme à consommer des aphrodisiaques dont les conséquences sont parfois délétères quand on abuse ; l’hyper activité sexuelle masculine peut conduire à l’obsession maladive et donc délétère pour le personnage.

Du reste, il confie que les troubles sexuels chez la femme sont en réalité un assemblage de plusieurs difficultés sexuelles très différentes. « La première chose à faire est de se faire consulter par un professionnel de santé pour obtenir une prise en charge appropriée. Il est important de lever tout tabou, pas de honte à décrire le problème qu'on vit au spécialiste, qui saura apporter une solution une fois le diagnostic posé. La consultation permet une bonne prise en charge parfois multidisciplinaire », conclut-il.

Jean-Yves Nébié

Légende

  1. Pr Charlemagne Ouédraogo, gynécologue obstétricien, ancien ministre de la Santé

 

Rubrique