L’art au service de la paix : Entre formations et sensibilisations à Kaya

Soumis par RedacteurenChef le lun 08/01/2024 - 08:54
art au service de la paix

S’appuyant sur les ressources patrimoniales et l’expérience de l’Association culturelle Passaté (ACP), le projet « L’art au service de la paix » a pour ambition de mettre en place des actions de consolidation de la paix et de cohésion sociale dans la province du Sanmatenga (région du Centre-Nord). Le projet a duré 12 mois et a concerné des jeunes de la province notamment les localités de Kaya, de Boussouma, de Barsalogho, de Dablo, de Mané, de Korsimoro, de Pibaoré, de Pissila, de Namissiguima et de Ziga.

L’ACP a son siège à Kaya et dispose déjà d’une expérience d’une dizaine d’année de gestion de cet espace. Elle y a déjà organisé plusieurs ateliers, formations, initiations et soirées d’animations culturelles. L’espace actuel accueille depuis 2002 le Festival Wed-bindé qui a réalisé sa 10e édition en 2020.

art au service de la paix
Plusieurs enfants ont été initiés au travail de la forge, une richesse ancestrale…

L’objectif général du projet est de contribuer à la mise en œuvre de la Stratégie nationale de la Culture et du Tourisme (SNCT) en son objectif spécifique 2.1 intitulé comme suit : « Renforcer la sauvegarde, la protection et la valorisation du patrimoine culturel matériel et immatériel et la diversité culturelle, notamment en favorisant le dialogue entre patrimoine et création ». Pour le secrétaire général de l’association ; Issaka Sawadogo, en compagnie de Konrad K. Sawadogo, chargé de l’organisation, de manière spécifique, il s’est agi de former 200 jeunes de la province du Sanmatenga à l’extraction et la réduction du minerai de fer et à la danse wed-bindé ; de sensibiliser les populations de la province sur l’importance du dialogue interculturel et la cohésion sociale dans la prévention de l’extrémisme violent.

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Le secrétaire général de l’Association culturelle passaté, Issaka Sawadogo

« Le projet, qui a démarré en novembre 2022, a mobilisé de nombreuses personnes. Nous avons formé des PDI venues de Pensa, Dablo, Namissiguima et Ziga. A l’occasion également, nous avons renforcé les capacités des personnes hôtes communément appelés en langue mooré nos « Gansoba ». Nos formations ont concerné aussi les enfants en récupération de matériaux. Il y a eu également la poterie avec plusieurs dizaines de femmes formées. Des séances de sensibilisations ont été organisées au grand stade régional de Kaya sur la cohésion sociale. L’une de nos valeurs traditionnelles étant la parenté à plaisanterie, nous avons utilisé cela pour rapprocher les populations venues de divers horizons. A cet effet, elles se sont connues, pour la plupart d’entre elles, au stade. On leur a fait comprendre que le vivre-ensemble était devenu notre unique trésor.  Le message est passé ; séance tenante des engagements ont été pris par ces PDI. De temps en temps, nous faisons des suivis et nous constatons qu’il y a eu un impact positif », a laissé entendre le secrétaire général.

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Une belle transmission du savoir et du savoir-faire entre anciens et jeunes

Faty Bamogo, formée en poterie, est très heureuse de maîtriser de nouvelles techniques pour améliorer la qualité de ses objets (Voir encadré). Elle a pu ainsi améliorer son chiffre d’affaires dans la vente de ses produits.

Quant à Souleymane Bamogo, qui a renforcé ses compétences dans la forge, il s’est réjoui de pouvoir se faire plus d’argent afin de pouvoir subvenir aux besoins de sa famille.

« Le bilan du projet est très satisfaisant : nous avons pu trouver de l’emploi aux personnes qui ont été formées notamment au niveau de la poterie et de la forge. Il ya aussi les enfants, qui à partir du matériel de récupération, peuvent également avoir de petits revenus. Ce qui peut les éviter de tomber dans la délinquance juvénile, à cause du chômage. C’est pourquoi nous disons que le financement du FDCT PAIC GC est venu à point nommé. Nous leur traduisons notre reconnaissance et notre satisfaction. »

Le projet « L’Art au service de la paix », pour mémoire, a été financé à un montant de 8 117 500 FCFA par le FDCT à travers le 2e PAIC GC.

Cyr Payim Ouédraogo

Des bénéficiaires s’expriment… (Voir encadré)

Souleymane Bamogo : « le savoir que j’ai pu bénéficier ici fait partie de nos savoirs traditionnels. Nous avons commencé notre initiation depuis le village à savoir Dablo. Avec l’insécurité, nous avons été contraints à partir. Je continue donc de renforcer mes connaissances et mon savoir-faire au niveau de la forge. Nous fabriquons des couteaux de différents modèles et motifs, des dabas, etc. Nous vivons de cette activité. J’ai une femme et un enfant à nourrir. J’ai apprécié énormément la formation ici et nous sommes heureux de constater que des gens s’intéressent à notre travail. Pour cela, nous vous remercions. »

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Fati Bamogo (ressortissante de Pensa) : « Je suis à Kaya depuis 4 ans maintenant. C’est suite aux attaques que nous avons abandonné Pensa notre village. Nous avons été formées pendant 10 jours au niveau de la poterie. Nous avons appris à fabriquer des canaris, des assiettes pour mettre les repas, des jarres…Nous avons pu acquérir de nouvelles techniques qui rehaussent la qualité de nos produits désormais plus diversifiés également. Nous sommes très contentes à l’endroit de ceux qui nous ont donné ce savoir qui améliore ce que nous faisons et nous procure plus de revenus pour nos familles. Je suis une mère de quatre (04) enfants et ce n’est pas facile… ».

art au sevice de la paix

C.P.O.