Réunis du 18 au 19 août 2026 dans la salle de réunion de l’Institut des Sciences des Sociétés (INSS), à Ouagadougou, trente doctorants et quarante mastérants financés par le PRSA-BF dévoilent leurs travaux dans le cadre d'un séminaire scientifique de visibilité sous le thème : « Innovations scientifiques pour la résilience et la durabilité de la chaîne de valeur fruits et légumes en Afrique de l'Ouest ». Organisée par le Centre Régional d'Excellence en Fruits et Légumes (CRE-FL) sous la tutelle de l'INERA et du CNRST, cette rencontre de haut niveau vise à capitaliser, renforcer et transférer les découvertes universitaires vers les exploitations agricoles pour booster la productivité de la mangue, de la tomate et de l'oignon.
Face aux crises climatiques, à la dégradation des terres qui ronge près de 360 000 hectares par an et aux impératifs majeurs de souveraineté alimentaire, la recherche agricole burkinabè abat ses meilleures cartes. Ce mardi 18 août 2026 s'est ouvert dans la salle de réunion de l’Institut des Sciences des Sociétés (INSS), le séminaire scientifique de visibilité des travaux des doctorants et mastérants du Programme de Résilience du Système Alimentaire (PRSA-BF). Initiative majeure du Centre Régional d’Excellence en Fruits et Légumes (CRE-FL), sous la tutelle de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) et du Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST), cette session de deux jours rassemble plus d'une centaine d'enseignants-chercheurs, d'experts thématiques et d'étudiants boursiers venus du Burkina Faso et de la sous-région. L'enjeu fondamental consiste à évaluer, valoriser et projeter sur le terrain les innovations technologiques destinées à renforcer la résilience des chaînes de valeur horticoles.
Un effort d'investissement humain sans précédent
« Investir dans la science, c'est vraiment assurer l'avenir », a d'emblée martelé le Dr Drissa Sérémé, Directeur de l'INERA. Selon lui, l'alliance stratégique nouée avec le PRSA-BF permet de prendre en charge la formation d'une cohorte impressionnante de 40 mastérants et de 30 doctorants.

Aux yeux du chercheur, cet effort ciblé constitue un engagement direct dans la ressource la plus stratégique d'une nation, à savoir son capital humain. Face à la dégradation des ressources naturelles et aux effets néfastes du changement climatique, il a insisté sur le fait que la recherche ne peut progresser en isolat. « Ce séminaire n'est pas une simple formalité académique. C'est une vitrine d'excellence pour évaluer l'état d'avancement des travaux et préparer la mise à l'échelle de nos paquets technologiques au profit des producteurs », a-t-il affirmé, invitant les jeunes chercheurs à faire preuve d'audace dans leurs présentations.
Pour sa part, Parfait Nanéma, responsable technique du PRSA et représentant du coordonnateur national, a qualifié cet appui de « jamais vu en termes d'accompagnement au Burkina Faso ». D'après ses explications, le programme dépasse le cadre du financement classique pour interconnecter directement la recherche de pointe avec les réalités du monde rural.

« Le séminaire qui nous réunit aujourd'hui est un maillon essentiel pour transformer notre agriculture. Nous investissons massivement pour que les connaissances générées par nos étudiants se traduisent par des innovations concrètes sur le terrain », a-t-il déclaré au nom de sa coordination.
L'innovation au cœur des chaînes de valeur horticoles
Au fil des travaux qui se poursuivent jusqu'au 19 août, soixante présentations scientifiques réparties en sessions parallèles mettent en lumière des axes variés. Les interventions balayent la phytopathologie, la fertilisation, la gestion rationnelle de l'eau, la caractérisation phytochimique des fruits ou encore les technologies de conservation post-récolte. Les domaines des sciences sociales et de la communication pour le changement de comportement sont également sollicités pour assurer la faisabilité socio-économique des paquets technologiques auprès des producteurs et des consommateurs.
À entendre le Dr Charles Parkouda, s'exprimant au nom du Délégué général du CNRST, le Dr Emmanuel Nanéma, la visibilité académique doit impérativement se muer en un levier stratégique. Il a rappelé les propos du Délégué général soulignant que ce séminaire permettra de « transformer la visibilité en une véritable chaîne solidaire pour valoriser les étudiants, fortifier la recherche nationale et crédibiliser nos institutions auprès des bailleurs ».

Selon le porte-parole, les acquis scientifiques viendront enrichir directement les politiques publiques de développement agricole et de résilience alimentaire.
Du laboratoire aux champs des producteurs
Au-delà des exposés, une conférence spéciale dédiée à la rédaction et à la publication scientifique viendra donner un rayonnement international aux découvertes avant la clôture des travaux demain.

D'après les organisateurs du CRE-FL, l'ensemble des observations du comité scientifique sera consigné dans un rapport général assorti d'un plan d'action.
À en croire les autorités du ministère en charge de l'Agriculture, la réussite de cette rencontre marque une étape décisive pour faire sortir les paquets technologiques des laboratoires.

« Chaque donnée scientifique que vous produisez doit contribuer à sécuriser la production de la mangue, de la tomate et de l'oignon », a conclu le représentant du PRSA, scellant l'engagement commun pour une souveraineté alimentaire durable en Afrique de l'Ouest.
Abrandi Arthur Liliou