Le Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA) a présenté, ce lundi 14 septembre 2026 à Ouagadougou, les résultats de la répartition des droits d’auteur et des droits voisins au titre du mois d’août 2026. Organisée pour informer les créateurs, les titulaires de droits et l’opinion publique sur les montants concernés et les modalités de paiement, la rencontre a permis d’annoncer une enveloppe nette de 1 522 424 728 francs CFA, en hausse de 11,61 % par rapport à août 2025. Le paiement des droits débutera le mardi 15 septembre à partir de 8 heures.
Le montant brut des redevances prises en compte pour cette opération s’élève à 2 395 288 544 francs CFA. Après application des retenues statutaires, notamment les frais de gestion et les prélèvements destinés au Fonds de Promotion culturelle et au Fonds d’Œuvres sociales, le montant net à répartir ressort à 1 522 424 728 francs CFA.

En août 2025, le BBDA avait réparti 1 364 040 522 francs CFA. La progression est donc de 158 384 206 francs CFA, soit 11,61 %.
Une hausse qui ne profite pas uniformément à tous
Le directeur général du BBDA, Zita Daniel Bonzi, a toutefois appelé à distinguer la progression de l’enveloppe globale de l’évolution des droits perçus individuellement.

« Une hausse globale du montant mis en répartition ne signifie pas automatiquement une augmentation individuelle des droits pour chaque bénéficiaire », a-t-il précisé.
Le nombre de membres du BBDA a en effet évolué entre les deux périodes. Il est passé de 16 077 en août 2025 à 16 346 en août 2026, soit une progression de 1,67 %. Le montant perçu par chaque titulaire dépend notamment de la catégorie de droits, des œuvres exploitées et des données disponibles pour leur documentation.
La répartition d’août concerne plusieurs catégories de droits, parmi lesquelles les droits de reproduction mécanique, les droits de reproduction par reprographie, la rémunération équitable au titre des droits voisins, la rémunération pour copie privée et certains droits provenant de l’étranger.
Des bénéficiaires issus de plusieurs secteurs
La directrice de la documentation générale et de la répartition, Delphine Somé/Zongo, a détaillé les principales catégories de bénéficiaires.
Les droits de reproduction mécanique concernent notamment les auteurs, compositeurs et éditeurs d’œuvres musicales dont les albums ont été reproduits sous forme de CD ou de clés USB entre le 1er janvier et le 30 juin 2026.
Les droits de reproduction par reprographie bénéficient essentiellement aux auteurs et éditeurs d’articles de presse écrite pour cette répartition. « Au mois d’août, ce sont les auteurs et les éditeurs d’articles de presse qui bénéficient de ce type de droits », a-t-elle expliqué. Les titulaires de droits sur les ouvrages édités avaient déjà reçu leurs droits en février.
La rémunération équitable concerne, quant à elle, les titulaires de droits voisins. Elle bénéficie notamment aux producteurs, interprètes, choristes et instrumentistes dont les œuvres ont été diffusées au cours de l’année 2025.

Ces droits sont collectés auprès d’utilisateurs d’œuvres tels que les radios, télévisions, bars et hôtels. Selon Delphine Somé/Zongo, 75 % reviennent aux auteurs et 25 % aux auxiliaires de la création, notamment les producteurs, instrumentistes, interprètes et choristes.
La copie privée concerne plusieurs catégories d’œuvres
La rémunération pour copie privée constitue une autre composante de la répartition. Elle concerne notamment les œuvres musicales, audiovisuelles, dramatiques, graphiques et plastiques ainsi que les œuvres littéraires.
Pour cette opération, les bénéficiaires comprennent notamment des musiciens, auteurs, compositeurs, arrangeurs, éditeurs, producteurs, instrumentistes et choristes. Dans l’audiovisuel, les réalisateurs, scénaristes et producteurs sont également concernés. Des auteurs et éditeurs de presse peuvent aussi bénéficier de cette catégorie de droits.
« La copie privée bénéficie à la catégorie musique, audiovisuelle, les arts dramatiques, arts graphiques et plastiques, et les œuvres littéraires », a rappelé la directrice de la documentation générale et de la répartition.
Concernant les droits provenant de l’étranger, les sommes reçues pour cette répartition concernent uniquement des œuvres d’arts graphiques et plastiques.
Plus de 550 millions de francs CFA en instance
En plus des droits d’août 2026, le BBDA prévoit le paiement progressif de 550 745 105 francs CFA de droits en instance. Ces sommes concernent des droits issus des exercices 2022, 2023, 2024 et 2025 ainsi que des répartitions de février et mai 2026.
Le directeur général a indiqué que la réduction des droits en instance, l’amélioration de la collecte, l’identification des œuvres et l’accélération des opérations de répartition figurent parmi les priorités de son institution.
« Nous savons que beaucoup reste à faire », a reconnu Zita Daniel Bonzi, qui a également insisté sur la nécessité de poursuivre la sensibilisation des utilisateurs d’œuvres sur leurs obligations en matière de droit d’auteur et de droits voisins.
Paiement dès le 15 septembre
Le paiement des droits issus de la répartition d’août commencera mardi 15 septembre à partir de 8 heures, notamment dans les agences de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso.
Les bénéficiaires pourront recevoir leurs droits par virement bancaire ou Orange Money. Le paiement par chèque est prévu pour les montants supérieurs ou égaux à 100 000 francs CFA. Le paiement en espèces reste également possible aux guichets. Dans les autres localités, le paiement électronique sera privilégié.

Le plus petit montant annoncé pour cette répartition est de 3 900 francs CFA, tandis que le plus élevé atteint environ 12 millions de francs CFA.
Pour Zita Daniel Bonzi, la répartition constitue un acte essentiel de la mission du BBDA. « Gérer efficacement les droits, c’est aussi garantir à son auteur le droit de vivre de son art », a-t-il déclaré.
Avec cette opération, le BBDA entend poursuivre ses efforts en matière de collecte, de documentation des œuvres, de répartition et de modernisation des mécanismes de paiement, tout en réduisant progressivement les droits demeurés en instance.
Abrandi Arthur Liliou